Interview...

Pascal Feyaerts


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. Je n’ai pas jugé utile d’user d’un pseudo quoique Andy Rotor, Pascal Wellington n’étaient pas mal, ou pour se donner des airs de noblesses : Pierre-Marie de la Fringale mais le mieux c’était de me faire appeler Boutique, un nom très vendeur, mais on m’a dit que c’était déjà pris (si je tenais l’abruti !!) Alors ai-je décidé de demeurer simple…

Où habites-tu ?
Un second étage au dessus de mes parents. D’une nature très artiste je ne suis pas doué pour l’argent qui m’intéresse peu. J’espère que ma situation va évoluer cependant. Ma rue s’appelle la rue du Nord, on y vient en empruntant le chemin du vent. C’est un réduit qui mène à l’autoroute.

Une famille, des enfants…
Mes parents, un frère et une belle-sœur et nouvellement une petite nièce qui vient d’avoir un an. La famille s’est rétrécie d’un coup avec les décès successifs de mes grands-parents qui me manquent beaucoup.

Sucré ou salé ?
Plutôt salé. Le sucre édulcore, le salé nous donne plus encore. Je veux plus.

Que fais-tu dans la vie ?
Je suis bibliothécaire et je viens aussi d’être nommé secrétaire (bénévole) d’une asbl, un centre d’expression artistique lié à mes cours de dessin.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Il doit y avoir 15 ans pour répondre à une déception amoureuse.

As-tu déjà publié quelque part ?
Je publie régulièrement dans les revues littéraires professionnelles comme 'le Spantole' à qui je dois ma première réelle parution, j’en profite pour remercier le regretté Roger Foulon qui m’a toujours aiguillé de ses pertinents et amicaux conseils, il y a aussi 'Microbe' la revue d’Eric Dejaeger qui est un ami, 'Traversée', 'la Pensée Wallonne' et dernièrement 'Les Elytres du Hanneton' la revue du Grenier Jane Tony dirigée par Piet Lincken à Bruxelles.
Autrement j’ai publié un recueil de poésie en fin 2001, début 2002 'Claustrophobie ou les rues de Pandémonium' aux éditions de l’Acanthe et qui a reçu un bon accueil, j’ai aussi participé à deux ou trois anthologies, 'Résonance' chez Mémor, 'Eloge de l’autre' chez CDL et là maintenant 'La nouvelle poésie française de Belgique' aux éditions du Taillis Pré d’Yves Namur.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Je n’accorde aucune importance aux prix et même m’en méfie d’expérience. Le fait d’avoir été retenu dans l’anthologie de la nouvelle poésie française de Belgique en soit me semble être une récompense plus que belle.
J’ai aussi été nommé grand chevalier de la semelle en cuir d’opale mais c’était dans une autre vie en un autre temps donc je présume que çà ne compte pas ?

Pourquoi Chloe des Lys ?
Je connais Chloé des Lys depuis leur balbutiant début. J’aime les petites et moyennes maisons d’éditions et les équipes jeunes et dynamiques. Mon projet qui plus est s’inscrivait bien dans ce contexte d’éditions.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Il s’agit d’un recueil de nouvelles, 'Nouvelles en quête d’(h)auteurs, préfacé par Eric Dejaeger et illustré par Nicole Coorens.
C’est un livre d’hommage à la littérature avec un grand L et à la belle écriture. Un livre pour se faire plaisir. Un exercice de style (je vais chercher d’anciennes tournures inusitées mais pourtant si riches, je m’amuse avec la rhétorique, un chiasme par exemple ou autre, j’essaie que tout cela se fondent dans une lecture agréable) et un jeu de référencement.
Le mieux serait encore de citer un extrait de la préface d’Eric : « …le style de Pascal, recherché, travaillé, coloré, riche, parsemé de tournures à l’ancienne, n’en est pour autant ni prétentieux ni maniéré. Il sent bon le passé comme un meuble centenaire peut éclairer un intérieur résolument contemporain. Les cinq nouvelles de ce recueil abordent trois thèmes différents : l’(in)utilité de l’art, les amours improbables et le fantastique dans son acception la plus large : un événement étrange dont on ne saura rien, une recherche photographique sur le silence et la prolifération d’inconnus tous semblables dans notre environnement… »

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Le but n’est pas tant de me faire connaître que d’être lu. Je fréquente les cercles littéraires, notamment le Cercle de la Rotonde dirigé par Marie-Clotilde Roose une poétesse de grand talent ou le grenier Jane Tony. Je fais des lectures à l’occasion quoique je n’en raffole pas, je publie en revues, je sors parfois des livres. J’ai un site.
Une rencontre parfois en amène une autre, les projets se superposent

Précisément, parlons-en des projets ?
Plein. J’ai des recueils inédits comme 'L’amour en lettre capitale' un mince de recueil de 11 poèmes, préfacé par Louis Mathoux, avec des illustrations de V. Laurent et Fred Van Campenhout et nouvellement 'Portraits à l’encre sympathique', ou encore 'Paysages et autres poèmes à usage interne'.
Je travaille aussi sur un spectacle avec la violoniste et compositrice Marielle Vancamp. Le concert s’articule sur certains de mes textes, et j’ai signé 6 chansons jusque là comme « Tristan et Iseult » « Peau d’âme » s’inscrivant dans le ton de l’ensemble. Une première ébauche de concert a été donnée à la maison du peuple de St Gilles à l’occasion des sonores et ce fût un franc succès.

J’écris pour survire. C’est une façon de respirer hors de moi et de mon délit d’exister. J’ai toujours tendance à dire que j’écris comme un peintre, par touche ou par lavis successif tant pour mes nouvelles que pour mes poèmes. Il faut que la phrase respire d’une tonalité juste avant même qu’elle ait de sens ; encore que j’apprécie la polysémie.
Il faut que le poème soit universel, que le lecteur puisse s’y poser.
J’apprécie aussi d’y laisser un certain humour, parce que tout n’est pas toujours si grave et qu’il faut savoir revisiter ses lieux de désastre et creuser dans ses sables émouvant sans y jeter de larmes.

J’ai l’habitude de dire que ce n’est pas tant l’œuvre qui m’importe mais le geste qui la pose, c’est une lutte de chaque instant. Je suis aussi élève de l’oxymore et pense que le monde se résume dans des réalités contradictoires dont il convient de savourer les surprenantes beautés.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Baudelaire, Apollinaire, Rilke, Kafka, Nietzsche, Linch, Deep, Capra, Chaplin, Burton, Eastwood, Sfar, Yslaire, les symbolistes en peinture, Radio-Head, Muse, Placebo, The Doors, beaucoup en fait.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Ho là aussi pas mal de gens, j’apprécie beaucoup actuellement le travail de Marielle qui me fait visiter de nouveaux lieux avec beaucoup de talent et de finesse. Et il y a tous ses gens dont j’ai aussi parlé avec qui j’ai partagé des projets qui se finalise ou sont encore en recherche d’éditeur. J’aime partager et éclater les visions tel un prisme.
Parlons du Cercle de la Rotonde, quoique j’y sois moins présent aujourd’hui. J’y ai été invité en 2002 pour la sortie de mon premier recueil. Comme j’ai trouvé l’idée sympathique j’y suis resté. J’ai proposé de faire des folders pour promotionner le cercle dans la région de Bruxelles, libraires et bibliothèques notamment tandis qu’un site naissait. Malheureusement, il était impossible de calculer le retour et après quelques années la démarche a été arrêtée hormis le site toujours bien existant.
A l’époque le Cercle de la Rotonde était sis au théâtre-poème à Ixelles qui était partenaire ; maintenant un nouveau partenariat est né avec la Maison du livre à St gilles.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
J’écoute beaucoup de musique et suit des cours de peinture, j’aime bien les jeux vidéos, la formule 1 et la course automobile en général, les sports, la politique extérieure, la littérature bien évidement, je suis très curieux.

As-tu un blog ou un site ?
J’ai un site. J’y propose des extraits de poèmes anciens ou plus récents, des dessins, les miens ou ceux d’artistes qui ont travaillé à m’illustrer et j’y donne mon actualité aussi : http://pascalfeyaerts.blogspot.com/
Je suis aussi sur le site d’acgart pour lequel j’ai déjà dit que je suis secrétaire. On y trouve toutes les infos locales, la vie du groupe et la présentation encore sommaire et incomplète des artistes. Personnellement j’y ai quelques dessins et quelques textes (suivre Nos artistes) : http://www.acg-art.be/

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La tristesse, l’injustice, l’hypocrisie, les jeux de pouvoir, le monde quand il ne tourne pas rond, la frustration.

Un souhait ?
Moins de solitude, plus de partage.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Celle là (rire)