Interview...

Sophie Fedy


Pseudo ou nom réel ?
Sophie Fedy, c'est mon nom d'usage et je ne vois pas de raison de le cacher...

Où habites-tu ?
J'habite dans le Val d'Oise à Franconville ; c'est une ville de banlieue à une vingtaine de kilomètres de Paris. Plutôt aérée et agréable, avec le Vexin et la Normandie à portée d'une envie d'escapade.

Une famille, des enfants…
Un homme musicien, deux grandes filles qui ont quitté le cocon pour vivre leurs aventures, et déjà une petite fille.

Petite, que voulais-tu faire ?
Je me voyais écrivain, vivant dans une grande maison avec un jardin intérieur, un peu comme un cloître, un endroit propice à la concentration. Utopique !

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
C'est bizarre cette question ! Je ne cherche pas à ressembler à quelqu'un. Mais j'admire les gens qui sont capables d'aller au bout de leurs convictions, qui ont le courage d'accorder leurs actes à leurs paroles. Une Mère Térésa, par exemple.

Ton truc contre le stress ?
Le Tai-Chi-Chuan, je le pratique depuis plus de quinze ans. Cela m'apprend à lâcher-prise, à me vider la tête, à trouver mon équilibre.

Que fais-tu dans la vie ?
Je suis gestionnaire de risques dans un grand hôpital. Je travaille avec les médecins, les infirmiers, aides-soignants et tous les agents quelque soit leur métier (et ils sont nombreux dans un hôpital). Mon objectif, c'est d'améliorer les pratiques pour que les patients bénéficient de soins de qualité en toute sécurité.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Il y a une quinzaine d'années, à la suite d'événements personnels douloureux. J'ai d'abord écrit un récit de vie, puis je me suis intéressée aux autres. De fil en aiguille, j'ai renoué avec mes envies d'adolescente, retrouvé un de mes genres préférés, la Science-fiction.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
J'ai publié un témoignage, puis un recueil de nouvelles autour des métiers de l'hôpital, puis un roman jeunesse « Cousins et compagnie », dans le style du « Club des cinq ». Ensuite, mon premier roman de science-fiction, « Complexe 13B » et différentes nouvelles dans des recueils collectifs et des anthologies. Je n'écris pas que pour être publiée : l'écriture peut se partager autrement, par des lectures publiques, des animations, ...

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Oui, quelques uns, mais je suis abonnée aux deuxièmes places comme Poulidor...
J'ai ainsi eu le deuxième prix du concours de nouvelles « Une histoire bleue », en 2004, pour « Elle m’a pris pour un cornichon »
Puis le deuxième prix du concours Histoires d’eau, en 2013, dans le cadre du festival Normandie impressioniste pour « Mise à l’eau »,
et le prix du jury du concours « Ma liberté... »,en 2017, pour « La révolte du grain de sable »,dans le cadre des 16èmes rencontres d'été théâtre et lecture en Normandie.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Honnêtement ? Parce que c'est le seul éditeur à avoir répondu favorablement après la lecture de mon manuscrit.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Territoire gris, un roman d'anticipation. On y rencontre des personnages qui tentent de trouver leur place dans des sociétés où l'intolérance et le rejet ont façonné les relations. Rejet de l'autre par principe de précaution, rejet des vieux, soumission des jeunes : trois époques futures sont imbriquées et se font écho dans ce roman. Vous y rencontrerez Yodel et Maelia, qui, au XXIIè siècle, vivent dans un complexe post-nucléaire où personne ne peut se toucher ; puis Stefan et Maude, au XXIIIè siècle, qui deviennnent trop vieux et devront faire un choix imposé ; enfin Alexis et Ginger, au XXIVè siècle, qui vivent dans une station orbitale sous la coupe des « sages ».

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je participe à des appels à textes pour des revues ou des anthologies. J'ai été publiée dans deux anthologies de SF aux éditions Arkuiris. J'ai également été publiée dans la revue littéraire de la poste. J'ai mis quelques textes sur des sites tels que « Short edition » et « In libro veritas ». Je fais partie d'un collectif d'auteurs, ce qui m'a donné accès à des salons (Salon « L'autre livre » à Paris, salons locaux en Val d'Oise et Yvelines). En plus cela permet d'échanger avec d'autres auteurs, de tisser un réseau, de se soutenir...

Projets pour la suite ?
Encore des nouvelles de SF, puis un troisième roman, pourquoi pas ?

Pourquoi écris-tu et comment ?
J'écris parce que j'ai envie de raconter des histoires, de faire naître des personnages. Quelquefois, un mot ou une phrase entendus dans le train, au supermarché, suffisent pour me faire démarrer. La plupart du temps, j'écris sur ma tablette numérique, je peux l'emporter partout. J'ai besoin de mûrir mon histoire dans ma tête avant de la mettre en mots. Mais le plus souvent, je commence sans connaître la fin, et même si j'en ai une petite idée, mes personnages m'entraînent dans d'autres directions... je préfère, c'est plus spontané !

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
J'aurais tant à dire ! Je pourrais vous parler des classiques étudiés à l'école, de Rabelais et Voltaire à Pagnol sans oublier Maupassant et tant d'autres... Je préfère citer quelques lectures plus récentes qui m'ont marquée :
« Le parfum », de P. Süskind, une passionnante plongée dans l'univers d'un héros monstrueux hors du commun.
Xinran, l'auteure qui fait battre mon cœur au rythme des femmes chinoises, Amin Maalouf, pour l'aventure de « Léon l'Africain » ou « Le périple de Baldassar » Et bien sûr, dans le domaine de la science-fiction : « L'unité » de Nini Holmquist, « La ballade de Lila K », de Blandine Le Callet ; « Les âmes vagabondes », de Stéphénie Meyer.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Oui, pour leur don à faire jaillir les émotions de la vie dans leurs écrits, Marie-Laure Bigand et Marie Souffron. Pour retrouver votre enfance et vos livres préférés, Isabelle Guyon, avec « De livres en îles ».

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
La musique en premier ! Je joue de la flûte traversière, j'adore le jazz, particulièrement la bossa nova et les chanteuses telles que You Sun Na, Dee Dee Bridgewater, Melodie Gardot, Lisa Ekdahl, Cyrille Aimée, …). La vie sans musique est inconcevable.

As-tu un blog ou un site ?
Oui ; j'y fais partager des découvertes littéraires ou cinématographiques, ainsi que mes actualités ! Son adresse est : eclats-de-textes.hautetfort.com

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
L'intolérance, le mépris. Et aussi tous ces bouquins signés par des hommes/femmes politiques, des personnalités, des stars, qui se vendent comme des petits pains alors qu'il existe des pépites qui brillent dans l'ombre !

Ta citation favorite ?
De tout un peu, comme disait ma grand-mère.

Une qualité et un défaut ?
L'empathie, la discrétion, l'envie de faire mille choses à la fois...

Un souhait ?
Je rêve d'une adaptation d'un de mes textes pour le grand écran.

Est-ce indiscret de te demander si tu crois en dieu ?
Non. Je crois que j'ai cru. Puis j'ai cru que je croyais encore. Enfin, je crois que je ne crois plus. Il existe certainement une énergie créatrice de l'Univers….

As-tu peur de vieillir ?
Tu m'aurais demandé ça il y a dix ans, je t'aurais ri au nez. Aujourd'hui, quand je me regarde dans la glace, je me dis que chaque jour est un cadeau de la vie.