Interview...

Fabien Dumont


Pseudo ou nom réel ?
J'utilise mon vrai nom. Après avoir hésité un moment, j'ai décidé qu'il n'était pas utile de me dissimuler derrière un pseudo. Peut-être un jour, lorsque la célébrité me frappera de son dard, je changerai d'avis (je blague)!...

Où habites-tu ? Après avoir travaillé deux ans aux Etats-Unis (c'était il y a vingt ans, vingt ans déjà, en Louisiane), je suis très simplement retourné travailler et habiter dans la petite ville où je suis né: Comines. Ce n'est pas le plus bel endroit du monde mais j'y suis relativement au calme et j'y trouve tout ce dont j'ai besoin. Surtout, la gare est à deux pas. Lorsqu'il fait très beau (cela arrive quelquefois), j'adore prendre mon vélo et faire un tour dans la campagne alentour.

Une famille, des enfants…
Non, je suis célibataire. Mais j'ai des neveux, des filleuls, des amis qui ont de jeunes enfants ou des ados, et mon métier (enseignant) me permet de côtoyer la jeunesse (presque) chaque jour! Grâce à cela, j'ai l'impression de rester moi-même très jeune. Trop jeune peut-être. J'ai toujours l'impression de ne pas vieillir (sauf quand j'ai mal au dos).

Sucré ou salé ?
Plutôt sucré, mais salé aussi. En fait, j'aime le mélange des deux. Par exemple, manger des frites avec une omelette saupoudrée de cassonade...

Que fais-tu dans la vie ?
J'essaie d'être un bon professeur de français. De ne pas avoir une idée préconçue du "bon" élève. J'ai compris depuis longtemps qu'un enseignant apporte bien plus sur le plan de l' "être" que du "savoir". J'essaie d'être un exemple sans être ni prétentieux ni conventionnel. La tâche n'est pas simple...

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J'ai toujours aimé l'écriture. Comme beaucoup, étant petit, je rêvais de devenir écrivain. Il faut dire que je consacrais des heures et des heures à la lecture. J'avais besoin de rêver, de vivre des aventures, de rencontrer des gens extraordinaires par le biais de la littérature ou de la bande dessinée.
Mais le vrai moteur fut, étrangement, à 27 ou 28 ans, six mois de... chômage. Je me suis dit alors qu'il ne fallait pas perdre mon temps mais au contraire en profiter pour faire ce que j'avais toujours voulu faire sans en prendre le temps. C'est vraiment ainsi que j'ai commencé.
Comme je ne savais pas quoi écrire, j'ai parlé d'une manière faussement grandiloquente d'une oeuvre "sublime" comme si elle était déjà écrite, alors que tout restait à faire! Ce texte se trouve au début de mon roman "Le Grand Hurlement".

As-tu déjà publié quelque part ?
J'ai écrit un livre jeunesse en collaboration avec l'écrivain Claude Raucy. Ce livre est paru chez Averbode dans la collection 7 en Poche; il s'intitule "De l'autre côté".
Des textes de moi paraissent régulièrement dans Galerie, une revue littéraire grand-luxembourgeoise.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Des petits prix locaux totalement insignifiants. Il faut dire que je n'ai pas encore beaucoup publié, c'est le moins qu'on puisse dire. De toute façon, ce n'est pas mon souci, même si je sais qu'un prix peut être un sacré coup de pouce, un éclairage bienvenu. Ce qui compte avant tout pour moi, c'est lorsque quelqu'un, surtout un inconnu, me dit qu'il a été bouleversé par ce qu'il a lu de moi. Et cela arrive, heureusement pour moi.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Pendant longtemps, je n'ai pas eu le souci d'être édité. Je n'écrivais que pour mon plaisir personnel. Puis je me suis dit que c'était un peu idiot, qu'on n'écrivait pas que pour soi et que si j'avais vraiment quelque chose à dire, je devais le partager. Une de mes connaissances était éditée chez Chloé des Lys, alors je me suis dit, pourquoi pas moi?

Quel ouvrage vas-tu publier ? Après avoir publié des récits de voyages ("Je suis allé en Inde... et au Pérou!"), je vais publier deux romans: "Le Grand Hurlement" et "La Couronne de Pierre".
Le premier roman est un livre complexe. Il est une sorte de puzzle poétique dont le coeur est un amour que se partagent deux garçons adolescents.
Le second est très différent, plus classique je dirais, même s'il est un peu une pièce de théâtre mise en roman (beaucoup de dialogues, des chapitres comme des actes et des scènes, peu de descriptions). Il raconte l'histoire d'un jeune prêtre qui va devenir pape (!) alors qu'il n'est encore que trentenaire et va peut-être vouloir changer la face du monde...

Des projets pour la suite ?
Oui, j'ai écrit également deux pièces de théâtre, dont un one man show, de courtes nouvelles, et je suis en train d'écrire un nouveau roman qui normalement s'intitulera "Les Enfants de Plum Creek" dont le thème est: vaut-il la peine de vivre, par le truchement du rêve et de la littérature, une adolescence idéalisée? Celle qu'on aurait tellement aimé vivre si on en avait eu le pouvoir?

Pourquoi écris-tu et comment ?
Il m'arrive, comme sans doute la plupart des écrivains, de me mettre chaque matin à ma table de travail pour avancer dans un roman. Mais je sais que cette méthode ne me convient guère. Ce qui constitue pour moi la meilleure façon de travailler, c'est de... ne rien faire. Attendre l'inspiration.
C'est comme cela que je fonctionne le mieux. Tout à coup, l'idée vient, et alors tout peut aller très vite. L'inconscient est beaucoup plus fort, beaucoup plus "talentueux", je pense, que le conscient.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Il y en a tellement. Et je m'en sens tellement redevable que je n'hésite pas à les glisser dans mes propres textes, comme autant de clins d'oeil. Mais je dois avouer que toutes mes influences sont classiques. L'ultra-contemporain ne m'inspire guère.

Tes loisirs ?
J'aime lire, voyager, dessiner, jouer aux échecs, au ping-pong, faire de la marche à pied, écouter de la musique (surtout classique). Je joue de la guitare. Par-dessus tout, j'aime le théâtre, le fait de jouer la comédie, d'être un personnage.
La plupart de mes activités sont solitaires, mais j'aime aussi les activités de groupe, par exemple les sports collectifs. A l'école, je joue sans hésiter au mini-foot dans l'équipe de profs. J'ai parfois l'idée de me lancer en politique, mais jusqu'à présent, je n'ai pas franchi le Rubicon...

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’ y proposes-tu ?
J'ai un site mais il est tellement vieux qu'il ne vaut pas la peine d'en parler. Je ne le renouvelle jamais.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La bêtise souvent, l'hypocrisie et la méchanceté toujours.

Un souhait ?
Vivre intensément, longtemps, en apportant beaucoup de joie aux autres.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Si une question me semble idiote, je l'élude et, d'un subtil retournement de crêpe, je profite de l'espace, du temps de parole qui m'est donné pour parler de choses qui me semblent utiles. J'ai eu aussi un professeur qui disait souvent qu'il n'y a pas de question idiote mais des réponses insuffisantes...