Interview...

Rémy Disdéro


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel.

Où habites-tu ?
En ce moment Vitry sur Seine, où j’ai un travail. Mais je déménage autant que possible. Cela multiplie les souvenirs et me rafraîchit.

Une famille, des enfants…
Quelques frères, une sœur, des parents. Je fais une bise à mon père pour le saluer, une aussi à ma sœur, deux à ma mère. Mes frères je leur serre la main, ce qui est honteux, il faut bien en convenir.

Sucré ou salé ?
C’est selon. J’apprécie qu’on me nourrisse, ne suis pas un gourmet.

Que fais-tu dans la vie ?
Tafouilleux depuis un an, un emploi moelleux à souhait, dégradant. Mais j’apprends une langue pour remonter dans mon estime, le jeudi.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Petit, j’écrivais déjà des histoires. Je dessinais aussi, plus que je n’écrivais. Mes parents n’avaient pas la télé, ce qui favorisait la création. J’ai commencé à écrire de la poésie vers seize ans. Puis mes textes se sont allongés. Aujourd’hui je cache plus ou moins mes activités littéraires à mon entourage, afin d’éviter le mépris qu’on a toujours pour l’auteur méconnu. Personne ne m’a jamais vraiment encouragé. Mais je suis tenace. Si je continue c’est très certainement pour me sentir un petit peu fier de moi.

As-tu déjà publié quelque part ?
Trois livrets de poésie, que j’ai aussi illustrés. Le deuxième à compte d’auteur. Dans les revues également. Récits et poèmes. Krautgarden acceptait une nouvelle si je la traduisais en allemand. J’ai demandé à une amie autrichienne de s’en charger. Elle a une fontanelle de beurre et de pain.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
J’ai eu deux prix régionaux, quand j’y accordais de l’importance. Mais seuls ceux qui participent peuvent gagner quelque chose.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Par hasard. N’essayez pas de me le faire regretter.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
« Etre un ours très fin » est un recueil de textes écrits en « je », relatant le quotidien et les désirs d’un homme, d’abord sous forme de textes brefs, puis de lettres sensitives.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je n’essaie pas. D’ailleurs si j’étais connu je ne concevrais sûrement plus l’écriture de la même manière. Peut-être n’aurais-je plus le désir d’écrire. Et puis mon style réduit à lui seul les chances de succès.

Des projets pour la suite ?
Non, je ne sais jamais d’avance ce que je vais écrire. Je ne me fixe pas d’objectifs. En revanche j’ai plusieurs textes en chantier, pour lesquels je chercherai des dos carrés collés.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Certainement pour compenser le sentiment d’infériorité, pour avoir une activité dont je puisse me sentir fier. Je ne pense pas que c’était le cas au tout début. L’écriture a peut-être été le moyen d’exprimer de la colère ou de la frustration. Puis c’est devenu une question de principe.
Pourtant je ne pense pas qu’on doive s’imposer l’obligation d’être écrivain. Je ne suis pas un pondeur. Quand quelque chose sort, c’est qu’il y a urgence. Ensuite, c’est en rue que j’écris, sinon en rut, car les idées, les images, les mots, ne me viennent jamais au foyer, où je ne fais que recopier et étoffer les ébauches écrites sur supports divers, souvent au dos de mon programme de tafouilleux. Aussi lors d’une errance suis-je plus fécond.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Littérature : Robert Walser, Knut Hamsun, Beckett, Dostoïevski, Thoreau, et tant d’autres, que je garde pour les amis.
Cinéma : Jarmusch, Wong Kar Wai, Godard, Corbucci, les frères Coen, des films intitulés Vacas, Les larmes du tigre noir, Conversation(s) avec une femme, Taxidermie, Seul contre tous, Manhunter, The phantom of Paradise…
Peinture et dessin : Jérôme Bosch, Brueghel l’ancien, les Impressionnistes Russes, Egon Schiele, Ferdinand Hodler, Roland Topor, les séries BD Torpedo, Durango, Thorgal, Comanche…
Musique : Eddie Harris, Jacques Brel, Yusef Lateef, J.J Cale, la Pop Ethiopienne des années septante.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Pas particulièrement.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
La promenade, si l’on peut considérer cela comme un hobby. La course à pied. Tourner les pages d’un dictionnaire de mots rares. Suivre Nadège en rue, sinon en rut.

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
J’ai ma page de poète sur le site de la MPLF. Ceci parce que j’ai fait valoir mes origines. Ou bien est-ce pour services rendus ? Car j’ai été homme à tout faire, rue Fumal. J’ai même aidé Eric à porter des caisses de livres. Malheureusement il pense depuis lors que j’ai volé son missel, c’est du moins ce que m’a rapporté David, une de nos connaissances communes. Je tiens ici à me dédouaner.
Autrement : http://critique-sociale.doomby.com (quelques textes et dessins, une bibliographie)

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La force de l’habitude, les aphtes, les hiérarchies.

Ta citation favorite ?
Il y a bien celle-ci : « Car en moi il y a toujours eu deux pitres, entre autres, celui qui ne demande qu'à rester là où il se trouve, et celui qui s'imagine qu'il serait un peu moins mal plus loin. » (Samuel Beckett, Molloy)

Un souhait ?
Etre un acrobate de rue de type « free running ».

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Je croyais qu’il n’y avait pas de questions bêtes. D’ailleurs, suis-je assez pédant pour juger stupide une question ?