Interview...

Lisa Di Sante


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. Un nom pareil, ça ne s’invente pas.

Où habites-tu ?
Généralement, on appelle ça le trou du cul du monde, sorry pour le terme. Piéton, 2000 habitants à tout casser, un peu plus de vaches. C’est la région du Centre, dans le Hainaut, près de La Louvière ; pas exactement un coin touristique, mais c’est une région anciennement minière et industrielle, avec une histoire riche en mouvements contestataires politiques et littéraires.

Une famille, des enfants…
Oui, un mari et deux filles, Shani, 5 ans, et Talia, 5 mois.

Sucré ou salé ?
Définitivement salé, sauf le chocolat, mais ça compte pas, c’est une dépendance.

Que fais-tu dans la vie ?
Je suis animatrice socioculturelle, je travaille dans l’éducation permanente au sein d’une ASBL. C’est assez difficile à expliquer ce boulot, d’ailleurs je crois que mes grands parents n’y ont jamais rien compris. L’éducation permanente, c’est travailler avec des publics populaires l’esprit critique et l’autonomie en faveur de plus d’égalité. C’est aussi, et c’est un sujet qui me tient à cœur, rendre la culture plus accessible à tous.
Disons qu’il y a deux côtés en moi : le rat de bibliothèque, qui lit, écrit, rêve, crée des mondes depuis son fauteuil ; et le côté social, engagé, qui aime le contact humain, rencontrer des gens d’autres horizons, monter des projets ensemble.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Quand ? Dès que j’ai appris à lire. Mon premier poème, je m’en souviens, était dédié à ma maman, j’avais six ans. Et en vers, en plus !

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
Non. A vrai dire, c’est la première fois que j’entame une démarche de publication. La poésie, c’est une part intime de moi-même, et je ne suis pas encore prête à la publier. Quant aux nouvelles ou romans que j’avais déjà écrits, je ne les trouvais jamais assez bons pour être publiés. Je ne sais pas si c’est le propre d’un auteur de ne jamais être tout à fait satisfait de son travail, ou si c’est moi qui suis perfectionniste…

Pourquoi Chloe des Lys ?
C’est une maison d’édition bien sympa, ils donnent une chance aux nouveaux auteurs et ne pensent pas tout de suite au « commercial ».

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
"Quand j'étais moi " : un roman de fiction qui mêle le récit intime, l'intrigue et le fantastique. Un roman sur ce qui fait de nous des individus et ce qui nous relie au monde, sur Dieu, la nature humaine, l'immortalité. Et les mères tyranniques.
Étudiante en lettres à l’université, la narratrice partage sa vie entre ses cours et un bar mal famé ou elle est serveuse le soir pour payer ses études. Entre une mère tyrannique, un père absent, un physique qu'elle n'assume pas, et l'absence de vie amoureuse, elle se terre dans ses lectures et une vie imaginaire remplie d’aventures. Sa seule alliée est sa meilleure amie, Arinna. Mais celle-ci disparaît soudainement.
Bravant sa trouille, la narratrice décide de se lancer à sa recherche. Surveillée, poursuivie, emprisonnée, elle va se retrouver entraînée malgré elle dans une suite d'événements dont elle perdra peu à peu le contrôle.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je ne sais pas : quelqu’un aurait-il la recette pour moi ?

Des projets pour la suite ?
Je travaille actuellement à un autre roman, où je développe mon penchant pour le mélange des genres et des styles. J’aime sortir des schémas préétablis, surprendre le lecteur, mélanger les étiquettes : fantastique, science fiction, policier, essai, histoire d’amour... Je n’ai pas encore le titre. J’aimerais aussi un jour essayer de publier un de mes recueils poétiques. Ce qui me manque, c’est du temps…

Pourquoi écris-tu et comment ?
Pourquoi ? Difficile à dire… parce que j’en ai besoin. La création, c’est un élan vital. J’ai besoin de créer des mondes, des personnages, de les sortir de mon imagination, de mes tripes, pour ne pas me laisser enterrer par la routine et les habitudes, par les responsabilités, les obligations, les conventions sociales. Écrire, pour moi, c’est être libre. Comment ? Euh… avec mes mains.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Boris Vian, Rimbaud, Verlaine, Umberto Eco, Bernard Werber.
J’aime aussi beaucoup la littérature anglophone : Virginia Woolf, Shakespeare, Keats, Whitman, Tenessee Williams, Tolkien.
Côté cinéma : Bagdad Café, Yan Solo dans la Guerre des Etoiles (déjà toute petite, impossible de résister à son charme !), le Cercle des Poètes Disparus (of course !).

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Ma grand-mère est une héroïne. Elle n’a jamais sauvé le monde, mais il y a des personnes qui essaient toute leur vie de faire ce qu’il y a de mieux et de donner le plus d’amour possible, sans jamais fléchir. Ça m’épate.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Je fais partie d’une troupe de théâtre action. Les sorties, les amis, faire la fête. Sinon, avec un boulot à plein temps, deux enfants, la lecture et l’écriture, le théâtre et les sorties, il ne me reste plus vraiment de temps pour faire autre chose… même si j’aimerais bien.

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
Oui, en cours de finalisation : lisa.disante.over-blog.com

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Les étiquettes. Tout doit être bien rangé, catégorisé, défini en valeur marchande, hiérarchisé. La culture n’y échappe pas.
Ah, et aussi, les pâtes au sucre, mais ça ce sont mes origines napolitaines…

Un souhait ?
Ne jamais me laisser bouffer par les turpitudes de la vie, le métro- boulot- dodo, ne jamais être blasée. Pouvoir m’émerveiller de tout. Ne jamais m’aligner à la majorité, ne jamais rentrer dans le moule.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Et sinon, ce métier, ça gagne bien ?