Interview...

Patrick.K Dewdney


Pseudo ou nom réel ?
C'est mon vrai nom. On a déjà pris ça pour un pseudo ringard à la sauce années '80. Si j'avais choisi un pseudo, j'aurai fait en sorte qu'il soit moins imprononçable pour le public francophone. Essayez pour voir....

Où habites-tu ? Explique…
J'habite en France, dans le Limousin. Je loue une maison de campagne à l'ancienne, dans un principe d'auto-suffisance, en accord avec mes idées. J'ai un hectare de terrain pour mes animaux (moutons, poules, canards, chats, chiens) et le potager. C'est assez isolé, ce qui me va très bien.

Une famille, des enfants…
J'ai une compagne ravissante, patiente et attentionnée, dont je suis très amoureux. D'ailleurs mon recueil lui est dédié. Les enfants, on y pense de plus en plus. On s'accorde à dire que j'ai besoin de vendre plus de livres avant.

Sucré ou salé ?
J'aime le sucré, le salé, et tout ce qui se situe entre les deux.

Que fais-tu dans la vie ?
Ben j'écris. Rien d'autre, à part ce qu'il faut pour vivre de la terre.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Je suis né quasi-aveugle (ça va mieux depuis), donc j'ai été amené très vite à l'objet livre, qui a remplacé ma vision en quelque sorte, c'était ma fenêtre sur le monde. L'écriture est venu rapidement derrière, avec un premier bouquin écrit à 6 ans, et beaucoup de projets d'écriture qui ont suivi.
Le déclic s'est fait grâce à un écrivain qui m'a suivi durant deux ans dans le cadre d'un atelier d'écriture au collège. Il a repris son suivi lorsque je suis rentré en fac, en 2003. A partir de là, il m'a encouragé jusqu'à la publication de mon premier roman. C'est à lui que je dois tout ça.

tu as donc déjà publié quelque part ?
Oui. Mon premier roman est sorti en 2007 chez les contrebandiers Editeurs, à Paris. Le titre est Neva. C'est un pseudo polar/roman, qui a un peu de tous les genres. Pour moi, c'est une histoire. Je n'aime pas tellement les étiquettes.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
A bien y réfléchir, non. J'ai été nominé dans plusieurs concours, mais à ma connaissance, je n'ai jamais rien remporté. Après je vois pas ça comme étant quelque chose de très important. L'essentiel pour moi, c'est que j'écrive des histoires, et qu'il y ait des gens pour les lire.

Pourquoi Chloe des Lys ?
En toute franchise parce qu'en France on ne peut pas publier de poésie française au niveau national. J'ai reçu a ce sujet un courrier extrêmement intéressant de la part du directeur de Buchet-Chastel. Il a passé du temps à lire mon recueil, et m'a renvoyé une critique détaillée très positive, en s'excusant du fait qu'ils ne publiaient que de la poésie étrangère.
J'ai pensé à argumenter que vu que je suis anglais, c'est un peu de la poésie étrangère, mais finalement je me suis dégonflé...
Après, j'ai été agréablement surpris par la démarche de Chloé, donc parmi les réponses positives que j'ai eu, c'est eux que j'ai retenu. J'aime le coté « grande famille » et le fonctionnement limite « associatif ». C'est une bonne chose.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Comme je l'ai dit précédemment, c'est de la poésie. Du coup c'est assez difficile à résumer. Le titre est « Perséphone Lunaire ». Je pense que le quatrième de couverture couvre bien l'ensemble.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
J'aime bien échanger avec le public, même si je me fais un peu violence, étant légèrement agoraphobe. Sinon, et ben, j'ai mes contacts avec la presse et les librairies locales. Après, je recherche pas la célébrité. Juste pouvoir bouffer avec ce que j'écris.

Des projets pour la suite ?
Oui, beaucoup. Là je suis sur mon prochain roman, du polar/post-apo (enfin, c'est une histoire quoi).
J'ai un bouquin pour enfants en tête, que je vais réaliser avec ma compagne qui dessine.
Je travaille actuellement sur un projet d'héroic fantasy pour le CNC. Et j'ai plein d'autres trucs qui trainent à droite à gauche... une BD, une trilogie de SF qui attend de trouver preneur, je chronique sur un blog (pas le mien) etc...

Pourquoi écris-tu et comment ?
J'écris... avec un clavier d'ordinateur. Tattamtamplouf. Désolé. Euh...
J'écris (j'essaye en tout cas) quotidiennement, environ 6 heures par jour quand je suis lancé. J'ai des phases de boulimie pulsionnelle, comme des phases de blanc. J'écris que quand j'ai envie. Sinon, c'est une perte de temps. Heureusement, j'ai souvent envie.
Le pourquoi, c'est plus compliqué. Je crois que je suis un être éminemment politique, qui a envie de provoquer des réactions ou des réflexions chez ses camarades humains. Je crois qu'en tant qu'hommes de la planète terre, on aurait vraiment besoin de cette réflexion. J'ai des choses à dire, et j'aime bien illustrer mes propos. Je crois qu'une histoire c'est un bon camouflage, et et un moyen distrayant d'amener des idées, des questionnements.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
En littérature je suis un inconditionnel de Tolkien, Herbert, Philippe K. Dick, Orwell. br> En cinéma, j'ai une affection particulière pour Kurosawa, et les films-documentaire de type Pierre Carles.br> La peinture est un domaine qui m'est très méconnu, donc je ne me prononcerai pas.
Musicalement, je suis en vrac un fan énorme de Noir Désir, Tool, Pink Floyd, Loreena Mc Kennit, Rammstein, et allez, j'en rajoute un qui me tient vraiment à cœur, et que je conseille vivement à ceux qui aiment le bourrin, la poésie engagée et l'esthétisme cabaret, Tayobo.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Je viens de le faire. Ce groupe (mes amis les plus proches) a du talent a revendre et ils viennent de sortir leur premier album, K-barré Core, en écoute intégrale sur leur Myspace. Et oui, y a encore des artistes qui préfèrent être diffusés que de se faire du fric. Après si vous aimez, rien ne vous empêche de leur commander un CD. C'est un bel objet et en plus ça leur fera plaisir.

Tes hobbys ?
Je reprends depuis peu goût à la lecture. Je cultive aussi des intérêts pour la politique, l'histoire, ma femme, la musique expérimentale (écoute seulement), la mythologie, l'alcool, les discussions enflammés pour refaire le monde, les clopes roulées, la philosophie, les ovnis, l'économie. Entre autres. Disons que mon hobby préféré, c'est la curiosité.

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
Alors je suis rédacteur sur le blog d'un ami « Érections libres ». Mes propres articles sont signés par mes initiales, mais je les recommande tous. C'est à base de cynisme engagé, avec une bonne dose d'humour noir. Le lien : http://masternoun.org/blog/

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
L'humanité. Nous sommes le monde, et le monde nous a échappé. Nous valons tellement mieux que ça, mais on s'obstine à dresser des frontières entre les hommes, à base de billets, de religion et de guerre. Non seulement on l'accepte, mais on en redemande.
Le mode de vie que j'ai choisi est le premier pas de mon désaveu de cette société que je ne cautionne plus, et qui me dégoute jusqu'aux tripes. Je ne veux plus partager la responsabilité de cette folie meurtrière que l'on appelle réalité, et je fais de mon mieux pour éveiller les gens, notamment par l'écriture.
Mon espèce est ma plus grande histoire d'amour, et mon plus grand désappointement. Nous envoyons des hommes dans l'espace, mais nous n'avons toujours pas grandi. Ça m'énerve que nous ayons focalisé notre énergie dans le progrès technique sans nous être souciés de l'évolution sociétale qui aurait dû venir avec.

Un souhait ?
Une révolution radicale de la conscience, qui changerait ce dont je parlais à l'instant. Qui mettrait fin à la peur, l'ignorance et la division. Nous ne sommes qu'une seule espèce, il est temps qu'on se comporte comme tel. Ça peut paraître fleur bleue, ou utopiste, mais c'est un espoir viscéral qui ne me quittera jamais, et pour lequel j'œuvre à mon échelle.
Nous nous situons actuellement à un tournant de l'histoire humaine, la mort des anciennes valeurs, la mort de l'ancien système. Je souhaite que nous saurons agir en conséquence, et ne pas reproduire les erreurs du passé. My country is the world, and my religion is to do good.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Il n y a pas de questions stupides. Seulement des réponses stupides.