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Interview...
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Pseudo ou nom réel ? Nom réel. Où habites-tu ? Je viens d'emménager à Bruxelles, je suis donc un immigré… wallon, dans la capitale… J'habite dans un quartier très "village" qui est peuplé de toutes sortes de petits cafés où il fait bon poser ses plumes… Une famille, des enfants… Je n'ai pas d'enfants. J'ai 25 ans et donc j'aurais tout le temps de m'y mettre, mais comme je me suis surpris à dire un jour : mes gosses, c'est mes bouquins. Ca a l'avantage de pouvoir se faire tout seul, ou presque. Que fais-tu dans la vie ? Dans la vie, j'ai découvert il y a peu une vraie raison à lui donner, à cette vie, et j'y consacre donc la majeure partie de mon temps, je vis par l'écriture… Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ? J'ai écrit mon tout premier texte, il y a quelques années, par un matin brumeux de novembre, assis sur un banc du campus de l'ULB… c'est un moment particulier pour moi parce que c'est la première fois que j'ai su que je pouvais faire quelque chose, en l'occurrence mettre sur papier, avec ces idées qui me venaient à l'esprit, ces sensations particulières, cette manière logiquement inexplicable de percevoir le monde que j'avais et qui reste le moteur de mon écriture. As-tu déjà publié quelque part ? J'ai publié quelques textes dans deux numéros de la revue Les cahiers de poésie dirigée par Laurent Fels, c'était fin 2008. C'est après cette première publication que j'ai cherché à publier un recueil de poèmes. As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ? J'ai une vision plutôt modérée des concours et autres prix de poésie. Ce serait un trop long débat que de juger de leur opportunité, mais je fais partie de ceux qui estiment pouvoir récompenser un travail, mais ne jamais juger une œuvre. J'ai participé à l'un ou l'autre concours, et j'ai reçu une distinction au prix Bernard Rivet, début 2008, avec la mention "poèmes à chanson". Je garde un agréable souvenir de l'accueil que ces gens m'avaient réservé lors de la remise des prix, en plein hiver auvergnat. Pourquoi Chloé des Lys ? Parce qu'actuellement, en Belgique, le nombre de maisons qui osent lancer des auteurs de poésie jeunes et sans référence, qui, en plus, écrivent en vers, se compte sur les doigts d'une main mutilée. Et cela, sans modification apportée au manuscrit. Chloé des Lys pour entrer dans le monde de l'édition – l'avenir nous dira si nos chemins se sépareront… Quel ouvrage vas-tu publier ? "Les longueurs hallucinées" est un recueil d'une soixantaine de poèmes de longueurs variables (d'un quatrain à plusieurs pages), tous écrits en vers qui étaient mon mode d'expression à l'époque où ces textes ont été rédigés. C'est un ensemble hétérodoxe, qui traite en quelque sorte de ce qu'un jeune poète a devant les yeux au moment de commencer sa vie littéraire ; des portes ouvertes, des longs chemins, des premières expériences de vie ; l'idée, à l'horizon, de quelque chose qu'on verrait grand mais qui reste encore tellement indéfini et qui demande du temps, énormément de temps pour se concrétiser. Des projets pour la suite ? J'ai plusieurs manuscrits en cours, plus ou moins terminés. J'ai changé récemment de manière d'écrire en abandonnant (provisoirement, qui sait ?), après deux projets, les vers. Les vers, c'était la marque des premières influences par qui j'ai connu la poésie : Apollinaire, Aragon, Baudelaire. Aujourd'hui, je cherche à découvrir de nouvelles portions de l'écrit. Pourquoi écris-tu et comment ? J'ai un peu abordé le pourquoi de mon écriture. Parce que c'est devenu une nécessité pour moi, une part de mon équilibre. Je ne peux plus vivre sans écrire, je suis condamné en quelque sorte… Comment j'écris… l'écriture versifiée demande une certaine rigueur, du travail technique, et donc j'ai écrit Les longueurs hallucinées à mon bureau, entre mes dictionnaires et mon ordinateur. En ce sens, c'est un ouvrage introspectif. Il n'a pas de thème, il est le fruit de pensées plus ou moins concrètes. Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique… Comme j'ai dit, mes influences pour ce livre, ce sont les classiques de la fin du romantisme français à l'arrivée du surréalisme. Ce sont eux que j'ai connus en premier, c'est vers eux que se dirige ce livre. Parmi les auteurs contemporains, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire la poésie de François Emmanuel. Je ne lis quasiment pas de prose… J'ai une grande admiration pour des peintres comme Malevitch et Mondrian. Donc, rien à voir avec les influences de l'écriture. Mais, autant mes goûts littéraires convergent vers un même centre, autant je suis ouvert à un maximum d'expressions de l'art plastique, de l'art graphique. Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ? Oui, Léah Touitou, une jeune femme française très occupée mais bourrée de talents, notamment en poésie, et que j'ai rencontrée lors de cette soirée auvergnate dont j'ai parlé. Elle a sorti un premier ouvrage graphique, De toits à moi, éditions de la Cabane sur le chien. Un souhait ? Si je dis la paix dans le monde, ça ruinera toute ma promo… Non, je souhaiterais un meilleur accès du public à la littérature "hors des sentiers battus", et à côté de ça, un meilleur accès de ceux qui font cette littérature à ce public qui ne les lira jamais s'il ne les voit pas… |