Interview...

Alain Delestienne


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel.

Où habites-tu ?
A Arquennes (Belgique) dans le nord du Hainaut, entouré d’un peu de nature et de gentils voisins, mais je vis davantage à Nivelles ou je me fais de plus en plus de copains et copines au cours de mes promenades et de mes arrêts « café ».

Une famille, des enfants…
Marié de 1970 à 1990 à une femme compréhensive et tolérante qui m’a offert le plus beau des cadeaux : deux filles super.

Sucré ou salé ?
Les deux, finement dosés.

Petit, que voulais-tu faire ?
Indien d’Amérique à 6 ans et moine à 12 ans pour l’étude, le travail de la terre et le calme.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Je viens de lire un livre sur le Grand-duc Nicolas Konstantinovitch de Russie. Par amour et pour ses idées libérales, il a été chassé de la cour des Romanof. Il s’est ensuite tourné vers le peuple pour en améliorer les conditions de vie. Ou encore, Alain-Fournier : écrire un beau livre et mourir à la guerre.

Ton truc contre le stress ?
Ecouter France Inter pour me distraire de mes pensées négatives, surtout le matin. Papoter avec des copains et copines en prenant un café l’après-midi.Un beau film à la télé et lecture le soir.

Que fais-tu dans la vie ?
Instituteur de 70 à 80, employé de bureau de 80 à 85 et fonctionnaire au ministère de la justice de 85 à 2002. J’ai été mis à la retraite en 2002 pour raisons de santé. Depuis lors, j’organise mon temps et mes activités le mieux possible pour me sentir bien dans ma peau : promenades, conversations, lecture, travail manuel, … Limité par la fatigue, je ne me déplace presque plus pour des spectacles, des expositions, des visites ou des voyages comme auparavant.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Entre 1990 et 2000, j’ai tenu avec ma fille cadette un journal dans lequel, même si nous vivions ensemble, nous nous racontions nos journées réciproques ou quoi que ce soit qui nous passait par la tête. Si nous étions séparés pour les vacances, les histoires étaient plus longues. C’est comme ça que j’ai retrouvé le goût d’écrire parce que la vie professionnelle ne permettait pas de sortir d’un style imposé .J’oublie de dire que l’élément déclencheur avait été une orthographe 100% phonétique que j’avais « inventée » pour mon usage personnel et que j’avais apprise à ma fille et quelques autres personnes.
Au début des années 2000, par le biais d’un blog, je me suis mis à écrire des articles de plus en plus longs sur les sujets qui me passaient par la tête. J’avais de plus en plus de plaisir à écrire et j’ai décidé de raconter tout simplement mon quotidien à raison d’un chapitre par semaine. Très vite et insensiblement, je me suis écarté de la stricte biographie et je me suis permis des fantaisies, des passages plus poétiques et je me suis même risqué à mettre un pied dans le fantastique.
Je n’ai été lu que par 3 ou 4 personnes et encore partiellement. Alors, j’ai tout effacé et j’ai supprimé le blog. J’ai quand même conservé une copie de l’ensemble du récit en me disant que mes filles seraient contentes de le lire plus tard.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
Je n’ai jamais rien publié si ce n’est des rédactions et des dissertations à l’école…

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Rien de ce genre.

Pourquoi Chloé des Lys ?
J’ai rencontré sur internet une amie bibliothécaire à qui j’ai envoyé mon récit. Elle-même l’a fait lire par Laurence Amaury, auteur chez Chloé des Lys. Je m’attendais à quelques compliments, mais j’ai reçu de vifs encouragements à envoyer mon texte aux Editions Chloé des Lys. J’hésitais beaucoup, mais l’insistance de cette amie m’a décidé à franchir le pas.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Un petit roman intitulé « Par la fenêtre. » qui est un récit d’inspiration autobiographique, une autofiction comme on dit dans le milieu.
RESUME du livre. A l’approche de la soixantaine, Henri se sent vieux et fatigué. Heureusement qu’il est un contemplatif parce que le matin, il ne peut que regarder par la fenêtre et déambuler dans le jardin en attendant que sa tête et ses muscles daignent s’éveiller. Il n’y a personne à la maison pour lui parler et l’emmener plus vite vers l’éveil et l’envie d’agir.
L’après-midi et cela depuis qu’il est retraité, il fait une promenade au parc avec son petit chien et s’arrête chaque jour pour boire un café dans une belle brasserie au bord d’un étang. Lui qui a toujours eu un peu peur des gens, depuis quelques temps, il se fait de plus en plus de copains et copines et se rend compte que c’est très agréable.
Depuis qu’il ne fait plus de grands voyages, il va chaque année à la côte belge avec ses deux grandes filles pendant une semaine en septembre. Chaque année, la mer, la plage et les dunes sont différentes parce qu’il a gardé cette capacité de s’émerveiller de tout et de remarquer les moindres petits changements dans les paysages. Toutefois, cette année sera différente parce qu’au fil de ses promenades avec Sylvie et Eglantine , il va faire une découverte qui n’arrive qu’une fois dans une vie et il va imaginer et vivre une belle aventure. Il reviendra de la mer rajeuni de plusieurs décennies et oubliera son âge au point de retomber « en amour », pour un temps, peut-être pour la dernière fois.


Dans son petit village du Hainaut en Belgique, il n’a que peu d’amis, mais des amis généreux qui sont toujours là s’il lui arrive d’avoir une défaillance ou pour partager un bon moment. Une amie particulière qui lui a beaucoup donné et qui aura été l’amie, la femme de sa vie.
Si vous avez la chance d’avoir gardé la capacité de vous enthousiasmer pour ce qu’on peut appeler des petites choses insignifiantes, vous aimerez faire un bout de chemin avec Henri. Chaque personne qui lira son histoire sera un peu un ami de plus pour lui, mais vous devrez d’abord « l’apprivoiser ».

Serais-tu d’accord de lire un petit extrait de ton livre ?
Bien sûr ! « Alors que la petite Princesse appelle les chats de sa voix flûtée et que lui s'égare dans ses pensées, une ombre soudaine obscurcit la page où il écrit. Un vilain nuage de plus? Non, derrière la fenêtre, une gigantesque nuée d'étourneaux qui occupe presque tout le ciel. Par leur danse synchronisée, à plus de mille, ils dessinent une variété infinie de figures et l'imagination d'Henri n'a plus de limites. Au centre de cette masse sombre et mouvante entourée d'un fin liseré bleu ciel, il aperçoit, resplendissante, la belle déesse indienne. Grande et mince, très droite, sa longue chevelure noire s'agite en tous sens avec le mouvement des oiseaux. Ses yeux noirs étincelants fixent Henri, tantôt sévères, tantôt tendres et protecteurs. A ses côtés, le Grand Esprit lui rappelle qu'il n'est pas permis aux humains de tutoyer les dieux, ni d'approcher le soleil. La nuée d'étourneaux se dissipe et le rêveur imprudent retombe sur terre dans une chute vertigineuse. La cire qui maintenait ses ailes, trop vieille et fatiguée, a fondu misérablement sous l'ardeur de l'astre encore jeune. Il tombe ... tombe ... »

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
J’ai l’intention de m’adresser à tous mes contacts (internet ou autres) en leur demandant de diffuser l’information quand mon livre sera édité et référencé chez CDL. Si je suis invité à des séances de dédicaces, malgré que je ne sois pas très à l’aise en société, j’y participerai dans les limites de ce que me permettra mon état de santé. Ah oui ! j’aurais dû commencer par te dire que c’est davantage mon petit livre que moi-même que j’aimerais faire connaître.

Des projets pour la suite ?
Pas de projet pour le moment. Je ne me vois pas écrire une autre autofiction et je bloque un peu sur ma capacité à écrire un ouvrage de pure imagination. Il suffirait peut-être d’un déclencheur. Donc, la porte n’est pas fermée.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Pour mon propre plaisir de manier les mots et les phrases et de passer très modestement de l’autre côté de la barrière lecteur-« écriveur ». Pour partager des idées et des émotions avec l’autre, pour communiquer, quoi.
Comment ? Pratiquement, avec une feuille et un bic. C’est plus rapide pour moi pour faire des aller-retour dans le texte, repérer des répétitions, vérifier la suite logique du récit, … Pour le fond, je suis parti de faits réels de ma vie, mais les passages imaginaires, poétiques ou fantastiques me viennent spontanément à l’esprit et je n’ai plus qu’à les mettre en forme.
Quand un chapitre est terminé, je relis une fois ou deux et fais assez peu de modifications. J’avoue qu’il m’est parfois arrivé d’opérer un changement uniquement pour l’amour d’un beau mot. Quand je dis « me viennent à l’esprit », il serait plus exact de dire que ce sont les apports de tous les écrivains que j’ai lus qui ressortent de ma tête. Je ne pense pas être capable d’inventer, de créer, mais tout au plus d’organiser d’une manière personnelle des éléments qui préexistent.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Pour le cinéma : le cinéma d’auteur sans dénigrer le divertissement, français, les grands Italiens des années 60-70, allemand, arabe, iranien, scandinave, anglais. Quant au cinéma américain, je fais d’abord un gros nettoyage, mais je trouve quand même.
Pour la peinture : les premiers que j’ai découverts, les primitifs flamands, Vermeer !, Bosch, Le Greco, … Une préférence pour la peinture figurative, de la moins à la plus réaliste.
Pour la musique: la musique classique, Mozart !, Sibélius !,Tchaikovski, …, la musique et les voix tziganes, la chanson à texte, Brel, Brassens, Ferré, Piaf, le slam, les chanteurs actuels qui ont une diction compréhensible.
Pour la littérature, je serai un peu plus long en ayant l’impression de trahir tous ceux que je ne citerai pas : Villon, Mme de la Fayette, Chateaubriand, Dumas fils, Balzac, Zola, Flaubert, Stendhal, Gauthier, Colette, Mauriac, Gide, Camus, Cesbron, Alain-Fournier, Saint-Exupéry, Montherlant !, Van der Meersch, Dorgeles, Yourcenar, … pour les Français. Chez les Anglo-saxons : Steinbeck, les sœurs Brontë, Twain, Graham Greene, Poe. Chez les Russes : Dostoievski, Tchekhov. Plusieurs auteurs arabes et espagnols aussi.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Ma mère qui nous a lu, à mes frères et moi, « Sans famille. » d’Hector Malot. On ne savait pas encore lire et ça donnait l’impression d’être « au coin du feu ».

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Je me suis essayé au modelage il y a quelques années, mais j’ai deux mains gauches. Travail au jardin, promenade, lecture, cinéma. Si une belle musique passe par hasard, j’ouvre mes pavillons.

As-tu un blog ou un site ?
Plus de blog. Je l’ai un peu remplacé par des publications de tout petits textes et de photos sur Facebook : Alain Delestienne.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Les enfants qui crèvent dans les déserts africains parce que leurs mères, à l’agonie, ne peuvent plus les allaiter.

Ta citation favorite ?
« Adieu donc enfants de mon cœur… » juin 1947.

Une qualité et un défaut ?
Altruiste par nécessité, pour gagner la bienveillance de l’autre, parce que je manque de confiance en moi. Je peux aussi être menteur et tricheur à l’occasion !

Un souhait ?
Vivre le mieux possible, pour les autres et pour moi, le reste de mes jours et surtout que mes filles soient le plus heureuses possible.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Joker ! Je change la question. « Quelle est la question la plus pertinente qu’on pourrait te poser ? » As-tu écrit ce petit livre par hasard ou par nécessité ?