Interview...

Christine Delcourt


Pseudo ou nom réel ?
Pas de pseudo pour moi. J'assume et mes écrits et mon nom... qui, en outre, révèle les origines belges d'une partie de ma famille. Pourquoi s'en priver quand on est publié en Belgique ?

Où habites-tu ?
Je ne suis pas encore Cadet Rousselle ou les petits cochons qui avaient trois maisons. Je me contente de deux : une maison à la campagne dans la Sarthe, proche de la forêt ; et un logement en banlieue parisienne, à Rosny-sous-Bois, en Seine Saint-Denis, car je suis une "travailleuse parisienne obligée".

Une famille, des enfants…
Pas d'enfant, c'est un choix personnel. Une compagne de vie. Un labrador et deux chats. La majorité des membres de ma famille vit à Reims, dans la Marne, où je suis née.

Sucré ou salé ?
Salé. Je craque plus devant la devanture d'un traiteur que devant celle d'un pâtissier.

Petite, que voulais-tu faire ?
Dans un premier temps, assez bref, infirmière comme beaucoup de petites filles. Puis très vite et très longtemps, professeure de français, mais ce ne fut pas possible. Et j'aurais aimé, bien sûr, vivre de ma plume.

WA quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Aucune. J'essaie déjà de ressembler à moi-même. Mais je me suis beaucoup intéressée à la Révolution française et à Jeanne d'Arc (l'une de mes plaquettes de poèmes, Bûcher de Jehanne, lui est consacrée).

Ton truc contre le stress ?
Respirer ! Marcher, rêver... Me promener en forêt ou sur une plage, regarder un coucher de soleil, un arbre ou un oiseau.

Que fais-tu dans la vie ?
Je ne pense pas que mon métier me définisse, mais il faut souvent en passer là : cela fait 37 que je travaille au ministère de l’Équipement devenu ministère de l'environnement où je suis inspectrice. Mais dans la vie, je lis, j'écris, je m'intéresse à toutes les formes d'art, je rêve...

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Très tôt. Je devais avoir 9 ou 10 ans quand j'ai esquissé mon premier roman. J'avais vu "Les disparus de Saint Agil" à la télé, et j'ai voulu écrire les aventures d'un écolier devenu orphelin... Puis très vite, il y a eu les poèmes.

As-tu déjà publié quelque part ?
En plus de quarante ans, dans une centaine de revues, des poèmes, des textes en prose, des notes de lecture... Et une vingtaine de recueils, ainsi qu'une mini-anthologie que j'ai dirigée.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
J'ai obtenu mon premier prix de poésie à 15 ans, ce qui m'a valu un passage télé. J'ai dû en recevoir une trentaine. Le plus important a été le prix Froissart qui a offert l'édition à mon recueil "Bréviaire de féminins itinéraires".

Pourquoi Chloe des Lys ?
J'avais repéré des notes de lecture dans une revue et noté les coordonnées. Puis, mon ami Salvatore Gucciardo, peintre et poète sicilio-belge, y a été publié. Alors quand il a accepté d'illustrer mon manuscrit "Lèse-intérieurs", j'ai tout de suite pensé à cette maison d'édition. L'idée d'être éditée en Belgique me plaît beaucoup.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
"Lèse-intérieurs" est un ensemble de poèmes en vers libres, d'inspiration cosmique, spiritualiste et humaniste. Ils répondent à une quête intérieure. Ils sont préfacés par Michel Bénard et illustrés par Salvatore Gucciardo.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
C'est mon gros point faible : je ne sais pas faire ! Pendant de longues années, j'ai été très présente dans les revues, puis j'ai pris mes distances pour diverses raisons. Aujourd'hui, je ne pense pas être connue de la jeune génération de poète. Mais je serai tout à fait d'accord pour participer à des séances de dédicaces, des salons ou pour faire lire mes textes. Comme je suis assez "sauvage" et ne cherche pas à me mettre en avant, il faut venir me chercher ! Je serai tout à fait d'accord pour participer à des séances de dédicaces ou de lecture, à des salons. Et je ne suis pas très attirée par les nouveaux moyens de communication, même si je commence à y penser.

Projets pour la suite ?
J'ai un certain nombre de manuscrits achevés dans mes tiroirs, des collages aussi dont j'aimerais faire un album.

Pourquoi écris-tu et comment ?
Pourquoi respire-t-on ? Parce que ça vient comme ça et que ça empêche d'étouffer.
J'écris comme et quand cela me vient. Plutôt sur le vif, souvent à l'extérieur, dans les transports, un musée, un café... Dans un petit carnet que j'ai toujours sur moi. Puis je laisse les textes dormir. Et ils réapparaissent quand il faut ; alors je les reprends, je les assemble : ça devient de l'artisanat à partir du matériau de base. Je ne dactylographie que lorsque j'envisage la publication en revue ou l'assemblage en manuscrit pour édition.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Il y a eu des poètes qui ont suscité mon inspiration ou m'ont fait entrer dans leur monde : ceux qui sont issus de la mouvance surréaliste (Pierre Peuchmaurd, pour celui qui a eu la place la plus importante). On évolue avec l'âge, l'expérience, les lectures, les musiques, les arts. "Le poète est celui qui inspire bien plus que celui qui est inspiré". Il y a des poètes dont les textes ont provoqué les miens.
Côté littérature, Marguerite Duras a été une révélation et une source inépuisable de réflexion. Je suis membre active de deux associations qui se consacrent à ses écrits.
Je lis beaucoup, à tout moment, partout. Je suis fidèle à Nancy Huston, Haruki Murakami, Claudie Gallay, Philippe Besson. Je lis les poètes...
En musique, j'aime le classique, particulièrement les baroques. Je ne me lasse pas de Vivaldi. Bach. Certains opéras. Mais j'ai des goûts très éclectiques.
En variété, je place Barbara au sommet, mais aussi Brel, Gainsbourg et quelques autres plus récents. Et Billie Holiday, Patti Smith, Marianne Faithfull,
Cinéma : François Ozon, Guillermo del Toro...
Peinture : Delvaux, Magritte, Leonor Fini, Balthus... Les préraphaëlites...

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Des amis belges, dont certains perdus de vue au fil du temps : Salvatore Gucciardo, donc, mais aussi Jean-Claude Bologne (qui m'a fréquemment publiée dans sa revue "Ouvertures" qui n'existe plus aujourd'hui), Alex Millon, Jean-Marie Flémal, mais aussi et surtout Jack Keguenne, peintre et poète, ancien galeriste qui vit aujourd'hui en grande précarité à Bruxelles...

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
J'écoute beaucoup de musique, donc. Et je lis donc beaucoup. Je vais de temps à autres voir des spectacles ou des expositions.
J'aimerais savoir dessiner et peindre.
Je fais de la course à pied, du fond. J'ai fait de la compétition et ai été marathonienne. Je me promène ainsi dans la campagne, en forêt ; je fais aussi du vélo.

As-tu un blog ou un site ? Adresse… qu’y proposes-tu ?
Non. Cf. ci-dessus. J'y pense.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Les incivilités. L'affairisme.

Ta citation favorite ?
Carpe diem. Je la porte en bague.

Une qualité et un défaut ?
Je crois être attentive aux gens, mais en même temps je suis une "sauvage" !

Un souhait ?
Que le monde tourne un peu plus rond !

Est-ce indiscret de te demander si tu crois en dieu ?
Je crois en des forces supérieures.

As-tu peur de vieillir ?
Non. Le processus est naturel et déjà bien engagé.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Peut-être celle dont l'auteur se ficherait éperdument de la réponse ?