Interview...

Jules Cybele


Pseudo ou nom réel ?
Non réel. Le m'appelle Olivier Monseur. Mais je voulais absolument un pseudo qui ait du sens pour moi. Après une longue réflexion, tant sur l’esthétique que sur la symbolique, je me suis arrêté sur celui-là. Quand on sait que je suis passionné par l’Antiquité on peut faire plusieurs liens avec Jules Cybèle. Je voulais que le lecteur puisse, rien qu’en lisant le nom de l’auteur, avoir un aperçu de ce qui l’attend. Vous voulez que je vous explique ? Bon allez…
Jules Cybèle… Premièrement Cybèle, une déesse primordiale phrygienne aux cultes sanglants, ensuite Jules… Jules C. pour César, car ce fut un grand conquérant et j’espère que son égide me guidera…
J. C. Tiens ! Qui voilà ? Le messie en personne se serait caché dans mon pseudo ? Et oui… il y a tellement de choses qui nous lient malgré moi… Mais ceux qui m’ont comparé à lui ne l’ont surement jamais rencontré en vrai ! Le pauvre…

Dans la nouvelle que tu sors chez CDL d'ici la fin de l'année « Le Jet », tu cites pas mal de références aux Celtes…
Exact ! Je trouve ça important de mettre en avant notre véritable fond culturel. À l’école on enseigne le latin, la langue des vainqueurs. Tout le monde peut connaître Mars et Venus. Mais ce n’est qu’une facette de notre patrimoine culturel, elle-même altérée par la culture grecque. Je voulais mettre en scène un retour aux sources du personnage, un retour à lui-même. Il cherche qui il est. Et la mythologie archaïque est pour moi un complément naturel de la psychanalyse pour approfondir les mystères du psychisme humain.

Que fais-tu dans la vie ?
J’ai un diplôme d’assistant en psychologie (tout s’explique, comme diraient certains…) et je travaille pour le moment en tant qu’intervenant social mais ignore comme beaucoup ce que l’avenir me réserve…

Où habites-tu ?
Dans la "Cité Ardente" ( Liège pour les français )… Vous savez, là où l’on vient d’inaugurer une soucoupe volante toute blanche… Ah bon, c’est la gare ? Autant pour moi… Liège… Une ville nocturne un peu folle.

Qu’est-ce qui t’a lancé dans l’écriture ?
Une imagination débordante ! J’ai d’abord commencé par me projeter dans un univers imaginaire typé heroic fantasy, j’avais besoin de fixer tout ce qui jaillissait dans ma tête. Pour ça j’ai été influencé par les livres dont vous êtes le héros où le lecteur est le héros de l’histoire. En écrivant, j’ai donc voulu rester le héros de ma propre histoire !
Puis j’ai appris à doser ça avec la poésie lyrique, quand j’ai ressenti le besoin d’exprimer quelque chose de plus élaboré au niveau des émotions. « Je » est resté longtemps au centre de mes écrits. Ma nouvelle « Le Jet » est d’ailleurs rédigé à la première personne. Maintenant, j’estime que « je » peut se reposer et laisser place à d’autres horizons, notamment romanesques. Et je vous dis déjà que l’heroic fantasy sera au rendez-vous !

Comment as-tu atterri chez Chloé des Lys ?
J’ai découvert Chloé des Lys, tout à fait par hasard, en consultant le catalogue en ligne et me suis rendu compte qu’on y publiait de tout et certains ouvrages m’ont intrigué par leur aspect quelque peu insolite. Comme je cherchais une maison d’édition susceptible d’accepter l’auteur quelque peu dérangé que je suis, j’ai pensé que je frapperai sans doute à la bonne porte ! Je ne me suis pas trompé

Parle nous de ton style ?
De la poésie, avant tout. Et la prose peut être poétique. J’aime surtout jouer avec les métaphores, les images, les ressentis, l’ambiance psychologique qui trouve écho dans l’environnement. Pour ça, j’ai un côté symboliste. La poésie permet de voyager au-delà des mots, d’ailleurs une de mes priorités a toujours été de ne pas enfermer le lecteur dans un récit déterminé par le sens littéral. Que son esprit puisse se laisser bercer par l’histoire et trouver lui-même son chemin à travers la trame.
On pourrait qualifier mon style d’onirique, car il mélange fantastique, épouvante, symbolisme, parfois même surréalisme à tel point que le récit devient rapidement ambigu. Enfin, je me dois de mentionner l’érotisme omniprésent qui rend parfois l’atmosphère assez glauque.

Des ouvrages qui t’auraient marqué ?
Le Banquet de Platon. Je ne désespère pas de retrouver un jour ma moitié perdue.
La Religieuse de Diderot. Comme dit King Diamond : « What's going on behind these walls ? »
Les fleurs du mal de Baudelaire. Amour et mort sont indissociables.
Bel Ami de Maupassant. Je suis intrigué par les personnages féminins de cet auteur.
Thérèse Desqueyroux de Mauriac. Un bon livre de psychologie.
L’enfant de sable de Tahar Ben Jelloun. À mi-chemin entre voyage initiatique et onirique…
Contes pour petites filles perverses de Nadine Monfils. Iconoclaste et poétique.

King Diamond ? Tu le cites dans une de tes nouvelles…
Oui… C’est un chanteur phénoménal. Et sa musique dégage une ambiance inquiétante. Je ne pratique pas de musique mais découvrir de nouveaux groupes et de nouveaux styles régulièrement est vital pour moi. Mes goûts sont très diversifiés mais les genres extrêmes et mélodiques attirent davantage mon attention. Je pense que mon style littéraire est influencé par les musiques que j’écoute : un style d’écriture poétique pour des images extrêmes…

Serais-tu aussi cinéphile ? As-tu des films cultes ?
Alors là… la liste serait trop longue… On va essayer de synthétiser…
J’aime les histoires épiques : Conan le barbare, Willow, King Arthur. Côté manga : Princess Mononoke de Miyazaki, un conte shamanique, enivrant et poétique. Naturellement, j’aime les fresques historiques : Braveheart ou encore Alexandre d’Oliver Stone.
Je me laisse envoûter par les ambiances sombres : Batman (celui de Tim Burton) ; les ambiances glauques : Le sixième sens et The Others ; les futurs désespérés : L’armée des 12 singes, un des rares films où le voyage dans le temps ne donne pas lieu à des paradoxes insolvables, et côté manga Venus Wars, un drame violent post-apocalyptique.
Sinon, j’adore les trames tordues : Taxidermia, film hongrois de György Pálfi, immonde… Un des films les plus audacieux qu’il m’ait été donné de voir.
Et pour terminer, sachez que j’apprécie aussi les histoires tristes ! Comme le Barbier de Sibérie et Neverland, lequel a même réussi à m’arracher une larme…

Pour finir, quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Ben celle-là justement…