Interview...

Stephane Colin


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel

Où habites-tu ?
Ma famille est originaire des Ardennes liégeoises, mais moi, après avoir grandi essentiellement dans le Condroz, je vis à présent à Namur, où je me plais fort bien. C'est une chance de vivre dans une jolie ville traversée par deux grands cours d'eau.

Une famille, des enfants… br> Oui, ma femme Anne-Sophie et trois enfants : Victorine (15 ans), Lucie (12 ans) et Pierre (10 ans).

Sucré ou salé ?
Plutôt salé. Enfant je mettais beaucoup mes doigts dans la salière, même si je sais aujourd'hui que ce n'est ni poli, ni bon pour la santé.

Petit, que voulais-tu faire ?
Des tas de choses, selon mes passions du moment : paléontologue, dessinateur de BD, ingénieur des mines (j'ai eu une grande passion pour les charbonnage, mais métier sans avenir), curé (en soutane), santonnier en Provence, violoniste, ... ont a été mes plus grandes passions, mais la liste est assez longue.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
A Jésus, sans doute :-)

Ton truc contre le stress ?
M'évader dans l'imaginaire. Je crois que j'ai la chance d'avoir des univers parallèles qui me permettent de prendre assez facilement des distances par rapport aux choses.

Que fais-tu dans la vie ?
J'ai comme formation celles d'archéologue-historien d'art (université de Liège) et de musicien (conservatoire de Liège). Au départ, je suis altiste, mais aujourd'hui je joue surtout de la contrebasse, pour mon plaisir. J'ai deux métiers : je suis employé à mi-temps au musée des instruments de musique de Bruxelles, dans le service au public. C'est -à-dire qu'il m'arrive d'y donner des visites ou des conférences, mais je rédige aussi des contenus écrits, par exemple pour les futurs audioguides, j'aide à la préparation d'expositions, je fais même un peu de recherche pour des textes de vulgarisation. J'ai aussi entrepris avec un collègue de filmer des éléments du patrimoine musical folklorique encore vivant en Belgique. On a réalisé il y a peu un petit film sur les crécelles de la Semaine sainte à Rossart, petit village ardennais de la région de Bertrix. Mon autre mi-temps, c'est comme indépendant. je travaille surtout pour une agence de voyage parisienne, j'accompagne des voyages culturels à travers l'Europe et aux Etats-Unis. Ça me fait fait voir beaucoup de belles choses.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J'ai toujours aimé écrire et raconter des histoires. J'aime conter. J'aime bien aussi faire des petits discours vivants et imagés. Et à l'enterrement de mon grand-père, après que j'ai évoqué sa vie au Congo, une personne de l'assemblée est venue me dire que je devrais écrire. L'idée m'est alors venue d'une petite histoire de fantôme, assez courte, et très vite j'ai pensé à en ajouter d'autres. Voilà comment mon premier livre, que j'ai voulu dédier à mes trois enfants, est arrivé. depuis, j'ai écrit d'autres choses, plutôt des petits romans. ce qui m'intéresse, c'est de rester dans l'univers du conte, et particulièrement des croyances et de la magie de "chez nous", la Wallonie.

As-tu déjà publié quelque part ?
Non, c'est la première fois. Disons que j'avais publié ce même ouvrage en auto-édition, mais ce n'est pas la même chose.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non, pas encore :-)

Pourquoi Chloe des Lys ?
Avant d'envoyer mon manuscrit, je ne connaissais pas la maison d'édition. Mais le nom m'a plu: très féminin, avec un côté de nature. je vois une jeune fille en robe blanche, marchant au milieu des roseaux et des lys. Ça me plait bien. Et j'ai été très content de recevoir une réponse positive, et que mes textes aient été appréciés par les relecteurs.

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ?
Ici, il s'agit de "Promenade au pays hanté. Dix petites histoires de fantômes" C'est un recueil de dix petites nouvelles, écrites dans un style simple et "raconté", accessible à partir de l'âge de 10 ans (mais jusqu'à 99 ans, et même au-delà). Chaque histoire se passe dans un lieu différent de la Belgique, mettant en scène une caractéristique, souvent historique, du lieu. C'est donc un petit voyage mystérieux à travers notre pays. Ainsi une histoire se passe au coeur de l'hiver ardennais, une autre dans les champs de blé de Hesbaye, une troisième sur les bords brumeux des canaux de Bruges, ou encore dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand. Mes fantômes ne sont en général pas très effrayants et plutôt sympathiques (sauf peut-être un ou deux ...) On m'a dit que mes histoires sont plutôt poétiques? A chacun de voir. Mais j'espère qu'elles feront découvrir, ou voir autrement, des lieux de notre pays. C'est important de mettre de la magie et du mystère dans notre environnement.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Eh bien, je commence par vous écrire. Je vais participer ce 10 décembre au salon des auteurs namurois. Et puis je vais faire une page facebook, me faire connaître auprès des librairies de ma région, essayer de faire des lectures publiques, ou de me mettre dans l'ombre d'un auteur plus important pour des séances de dédicaces. Je crois qu'il y a beaucoup de possibilités.

Projets pour la suite ?
Oui, je ne compte pas m'arrêter là. J'ai deux petits romans, un que j'estime fini (toujours magique, mais il se passe en pleine bataille des Ardennes), et un autre à retravailler, dans l'univers des paysans et de leurs croyances à la fin du 19ème siècle. Et puis j'ai d'autres idées, mais chaque chose en son temps.

Pourquoi écris-tu et comment ?
J'aime le style vivant. Souvent, j'ai besoin de lire à haute voix ce que j'écris, en me disant: cette histoire pourrait-elle être lue à haute voix, comme une histoire pour les enfants ? Et cela même si j'espère que des adultes me liront aussi. Moi, je veux faire rêver les gens.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Mes influences les plus directes, ce sont les nombreux livres de contes et légendes ardennais du 19ème et début 20ème siècle. J'en ai une pleine bibliothèque héritée de ma grand-mère. En fait, j'aime la littérature du 19ème siècle, Lord Byron et d'autres. J'aime leurs tournures de phrases d'un autre temps.Je dois faire attention en écrivant de ne pas trop garder ce caractère emphatique (quand j'ai rédigé mon mémoire de fin d'étude à l'université, une relectrice m'a dit que j'écrivais comme un sacristain du 19ème siècle. Académiquement, ce n'était pas un compliment et je me suis corrigé, mais j'ai apprécié la remarque. Il faut dire que j'étais tellement dans les archives de l'église sur laquelle je travaillais, que j'en ai naturellement pris le style :-) J'aime beaucoup de choses en art, mais je crois que ce que je préfère, c'est ce qui raconte bien et simplement les histoires. les Américains sont très forts pour ça : Spielberg, Georges Lucas et d'autres. En peinture aussi: j'adore Norman Rockwell, Maxfield Parrish, Frederic Remington, ... Ils ont un art incomparable de nous faire rêver sur des choses qui, au fond, n'ont jamais vraiment existé comme ils nous les présentent. En musique j'aime aussi beaucoup de choses. mais ce qui me fait le plus rêver, c'est le monde de l'opéra. Je suis content d'avoir transmis ce goût à mes enfants, même si ma femme est un peu moins fan que moi. On se fait de temps à autre des petites soirées DVD-opéra la maison, avec chips, vin et limonade. les enfants sont accros. Et puis on va parfois avec eux au théâtre même

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
J'ai déjà perdu des amis, toujours des gens un peu "décalés" par rapport à la société, et qui en ont souffert. je pense souvent à eux. Mon grand ami s'appelle Johnny, et c'est marrant, parce que sur bien des points, nous sommes totalement à l'opposé l'un de l'autre. Autant il est prospectif et ne rêve que technologie future, sa maison envahie de gadgets et d'appareils dernier cri, autant je suis plutôt traditionnel, regardant tout ça avec un étonnement pas toujours bienveillant. Ma femme me rappelle parfois une anecdote qui l'amuse beaucoup: alors que nous fêtions le nouvel an chez moi et que minuit approchait, lui avait banché une horloge atomique devant laquelle il attendait l'arrivée de minuit, pendant que moi, à la cuisine, j'avais les yeux rivés sur mon coucou suisse :-)

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
La musique bien sûr. j'aime aussi dessiner et peindre. Chacque année, je réalise moi-même une carte de voeux : un petit tableau dans le même style que ce que j'écris, et qui raconte une histoire de Noël.

As-tu un blog ou un site ?
J'ai une compte facebook. Il faudrait que je l'arrange un peu pour ma promotion. C'est à l'ordre du jour.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Je déteste quand mon ordinateur - on n'importe quelle machine- ne répond pas immédiatement comme je le veux.

Ta citation favorite ?
Comme ça je ne sais pas. Mais il y en a une que j'aime beaucoup : "Si j'apprenais que la fin du monde est pour demain, je planterais un pommier" (Luther). C'est une magnifique image d'espérance, qui incite à ne jamais baisser les bras.

Une qualité et un défaut ?
Une qualité : tout le monde dit que je suis naturellement très souriant (je suppose que c'est une qualité, car j'adore rencontrer des gens souriants). Un défaut : je crois en avoir beaucoup. J'ai une capacité à m'abstraire des contingences matérielles qui m'arrange bien, mais que ma femme considère comme un très très gros défaut :-)

Un souhait ?
J'aimerais que les hommes apprennent mieux le chemin du dialogue.

Est-ce indiscret de te demander si tu crois en dieu ?
Non. Je crois en Dieu, je crois qu'Il fait partie de nos vies aussi naturellement que nos famille et relations, et qu'il agit véritablement dans le monde, même si souvent on ne regarde que ce qui va le moins bien. Je trouve dommage une société qui l'invite à quitter tous les lieux publics. Bien sûr, dans le passé comme dans le présent, bien des gens font de Dieu un mauvais usage, l'utilisant pour contraindre, dominer, écraser ou même tuer les autres. Mais dans tout cela, ce n'est pas Dieu le problème, c'est l'usage qu'on en fait et l'image trompeuse que certains en ont. Je pense que Dieu souffre autant, si pas plus, de cette situation que les humains, mais il nous laisse dans la liberté. C'est à nous de faire la part des choses. Si on ne lui demande rien, il ne va pas nous forcer. C'est l'image des apôtres et de la barque dans la tempête. Lorsqu'ils craignent, ils ne pensent pas à réveiller le Christ qui est là, parmi eux. Quand ils le font, alors le Christ change pour eux la situation. Bien sûr, je ne dis pas que Dieu est un grand magicien qui d'un coup de baguette magique va changer le monde (sinon, où serait notre liberté ?), encore que je crois qu'il y a des petits coups de pouces, de temps en temps :-) Mais surtout, la confiance nous aide à vivre les choses autrement, toujours dans l'espérance.

As-tu peur de vieillir ?
En soi non. J'espère simplement ne pas trop mal vieillir.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Comme ça je ne vois pas. Existe-t-il des questions stupides, quand elles sont sincères ?