Interview...

Karl Chaboum


Pseud oou nom réel ?
Nom réel : Carol Trottier que je n’ai jamais aimé. Mon prénom est ambidextre, je suis mâle (sans me vanter). Par courriel et poste, on me dit Bonjour madame. Mais je ne vais plus en faire une maladie.Mon premier pseudo est Karl Chaboum, créé pour sa percutance, conservant Karl, c’est beau. Mon second, Carl du Toit, que j’utilise dans des écrits paraissant chez Arts et Lettres Belgique, servait de camouflage. Maintenant que ça marche, je ne sais plus où me cacher mais je n’ai pas l’intention pour l’instant d’avoir d’autres pseudo, ça me mêle dans mes dossiers d’ordi.

Où habites-tu ?
Résident québécois de A à Z, je suis né à Montréal où j’ai vécu 25 ans. Puis à gauche à droite en province. 22 ans à Laval, la deuxième plus grande ville du Québec. Y a pas de quoi s’en vanter ; plus c’est gros, plus tu te sens petit. Depuis 2 1/2 ans ma femme et moi habitons la campagne dans une petite municipalité. Les automobilistes arrêtent pour nous laisser traverser, même les jeunes tiennent la porte quand je vais au dépanneur. Alors je vais pareil.

Une famille, des enfants…
Ma femme et moi, composons notre famille.

Sucré ou salé ?
Moi j’aime sucré et salé. Ma femme adore le tofu.

Que fais-tu dans la vie ?
http://www.promocat.ca est une entreprise d’articles promotionnels que je voulais cantonner dans le marketing par l’objet. Tant que tu n’es pas dans une boîte connue, tu te contentes de vendre des stylos. Je suis dans une boîte… à l’étroit. Alors je décroche mes patins ; la vente n’a jamais été ma branche ni mon arbre.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
À l’âge de 14 ans – donc pendant 50 ans – je me levais la nuit et j’écrivais des nouvelles dont je n’ai malheureusement aucune trace. Je descendais du quatrième étage, je réveillais ma mère – mon père, sourd comme moi – dormait comme un bon, et ma mère écoutait. Elle a toujours prêté attention à mes écrits. Pourquoi ? Je dirais plutôt Pourquoi pas ? Cela coule comme de l’eau de source.
Quand j’étais aux études collégiales, j’avais comme prof Hubert Aquin, lui-même écrivain, qui nous disait « Il faut que cela coule. » C’était vers 17 ans. La nuit, encore, je composais des alexandrins avec hémistiches ; il fallait que ça coule. Ça coulait.

As-tu déjà publié quelque part ?
En 1973, j’avais environ 23 ans, j’ai publié mon premier recueil « Peau aime » dont mon frère, peintre, a fait les illustrations : ce fut ma première symbiose en art. De courts poèmes chantant mes douleurs et couleurs. Bon écho dans le journal Le Devoir mais épuisé (le recueil, le journal lui se porte bien).
Quelques années plus tard j’ai écrit « Tout un monde »,une collection d’une trentaine de textes sur l’amour, la famille ; un ami les a finement illustrés. J’avais en parallèle une collection de petites plaquettes « Pense et souris » dont voici un exemple :
" Les arbres nous enseignent la patience : ils ne baissent pas les bras à la première tempête venue." Le gros morceaux : « Prénoms acrostiches », environ 275 prénoms acrostiches que j’ai mis 1000 heures à composer dans une bibliothèque avec 6 à 8 dictionnaires sur la table. J’en ai vendu 60 000 en six mois.
Quand je suis venu pour réimprimer, j’étais endette par-dessus la tête à cause de la consignation. Après trois ans d’entreposage chez un ami, je suis passé à l’action : il m’a aidé à mettre au bord du chemin environ 30 000 cartes prénoms, mes plaquettes, mes plaques, presque ma sclérose en plaque, aussi une quarantaine de présentoirs en métal que ma mère m’avait aidé à faire fabriquer.
Publié « Vers de terre à ciel », recueil de poésie, « Malentendenteries », livre consacré à la surdité.
Il y a deux ans j’ai découvert les blogs de poésie ; j’en ai 5 incluant celui de Arts et Lettres Belgique où je m’enrichis à découvrir et donner quotidiennement. C’est là que j’ai découvert votre maison d’éditions. J’ai aussi touché au théâtre avec le spectacle solo « Les Masques tombent » avec choix de répertoire classiques en première partie et mes textes dans l’autre. Aucune personne dans l’assistance n’a quitté… c’est vrai que j’avais fait barrer les portes ! Une blague en passant.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Pendant près de dix ans j’ai été chroniqueur dans la revue Sourdine de l’Association des devenus sourds et malentendants du Québec : j’ai beaucoup aimé l’expérience d’un vécu que je transmettais à mon monde si je veux dire. Trois premiers prix de poésie décernés par l’Association des implantés du Québec.

Pourquoi Chloe des Lys ? Parce que vous avez édité des membres de Arts et Lettres Belgique et que j’ai aimé le contexte, l’atmosphère que vous dégagez.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
« Le sol à l’envers ». Dans la préface, je précise que je ne suis pas un poète mais une brouette, J’en cite un extrait : « Je suis fou allié au bon sens. Ne suis point un poète. Suis une brouette qui écrase les maigres mots, gonfle les maigrichons, étire les microscipus.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Mes 4 blogs ont généré chacun environ 13 000 visiteurs en un peu p)lmus d'un an.Avec Arts et Lettres, j’ai le grand , non, le très grand privilège d’avoir mon groupe « MotzArt » : je glane parmi les plus de 15 000 œuvres des tableaux, peintures, sculptures qui me font vibrer – je vibre à rien ! –et j’écris quelques lignes lapidaires. Cette collection est maintenant disponible sur le site www.motzart.ca et j’essaie d’entrer sur le marché, québécois d’abord puis à l’échelle de la francophonie internationale. C’est un projet captivant. Tout est sous le nom de Carl du Toit, mon pseudonyme.

Des projets pour la suite ?
L’élargissement de mes projets antécédents, comme la mise en ligne de « Prénoms acrostiches sur mesure » qui a déjà eu un site web. Avec chaque prénom que les gens m’envoient, j’offre texte et image pour toute nationalité (allemand, chinois, arabe) ,écrit en français`; ils n’ont qu’à fournir 3-4 qualités et caractéristiques. Attention : je ne fournis pas le cadre !

Pourquoi écris-tu et comment ?
Tu pourrais me demander : « Pourquoi respires-tu ? ! Comme malentendant qui ne connaît pas le langage des signes, dès qu’il y a plus qu’une personne qui parle je décroche, S’il y a vingt personnes, je ferme mon appareil. Mais je demeure sur place. J’observe tandis que les autres gesticulent. Puis je m’excuse, je retire, sors mon stylo, et vogue à ma besogne.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Connais-tu Yves Thériault ? C’était un écrivain prolifique, québécois, ami de ma mère qui est devenu mon ami. J’étais souvent rendu chez lui. Un jour, il m’a fait cadeau de la clé de sa maison, c’est tout dire. J’avais dans la vingtaine. Sa plume coulait, comme me l’avait appris Hubert Aquin. Un jour il a lancé un défi à un Salon du livre de Montréal : « Mettez-moi dans une cabine pendant le Salon et j’en sortirai avec un livre. » Ils ont refusé, cela ne faisait pas assez noble…Quelques auteurs que j’ai dévorés mais qui sont restés dans l’Histoire : Rabelais, Rabelais, Rabelais. Voltaire. Balzac. Émile Zola. J’irais vivre au XIX’ siècle. Il y a bien sûr Marc Favreau, ce Sol, déformateur de mots, d’une naïveté increvable. Je transpire Sol, en pire. J’aime aussi partir en brouette et faire chavirer les mots.
Le cinéma remonte trop loin dans mes souvenirs à cause de ma surdité, il ne peut plus me chatouiller les oreilles. Même chose pour la musique. Le jour où, assis dans le salon entre deux colonnes de son, je n’ai pu entendre sortir le son de gauche à droite, j’ai pleuré ; je savais que je n’entendrais plus la musique qui dansait autour de moi. Peinture : une grande porte est ouverte devant moi, je vais puiser dans le XIII’ siècle, Chinois, Allemands, je pantagruelise ce monde qui me fait devenir gargantuasque.

Tes hobbys ?
Musique, dessin, peinture…Je veux retourner sur les planches, jouer « Le journal d’un fou » de Gogol, mais avant prendre des cours de pose de la voix. Refaire le vidéo « La conscience » de Victor Hugo qui est sur les tablettes; mieux le fignoler.

As-tu un blog ou un site ?
Plutôt que blog, j’avais intitulé mes « terrains » « Mes fenêtres sur l’horizon ». Il y a :karlchaboum.blogspot.com , mapalettedemots.blogspot.com, malentendanteries.blogspot.com
Les trois regroupent environ 250 billets, 30 000 visiteurs.Il y a Arts et Lettres Belgique sous mon pseudonyme Carl du Toit qui a aujourd’hui 115 textes, Carol TrottierZ où en feuilletons, j’écris Auto bio graphie, sans compter MotzArt qui a près de 350 tableaux MotzArtiens : la symbiose qui ose, mes commentaires en textes lapidaires de tableaux que je découvre partout : Belgique, France, Russie, Indonésie, Martinique, Québec,Bretagne etc.J’arrête, je vais perdre la boule terrestre! Je tiens à remercier grandement l’administrateur et fondateur de ce réseau, Robert Paul, qui m’héberge de manière si généreuse.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
L’argent !

Un souhait ?
Le paradis au plus vite, sans argent, avec de l’art plein les poches.Aussi, là c’est sérieux : être reconnu comme écrivain ludique.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Est-ce que publier beaucoup de livres, ça engraisse ?Tu peux me la poser ?