Interview...

Marie-Christine Cavenelle


Pseudo ou nom réel ?
C’est mon patronyme et mon prénom à tiroirs… J’ai eu très envie de ne garder que Marie, mais bon….. j’aime bien tout dire !

Tu habites où ?
J’habite en Dordogne, dans une forêt de chênes maigres… Le calcaire est soiffard… Je m’y sens merveilleusement bien, alors je me l’approprie et quand nous nous connaîtrons mieux, vous n’y couperez pas… Je vous parlerai de « Ma » forêt.

Sucré ou salé ?
Plutôt salé mais quand même, sucré aussi ! Je suis gourmande, mon écriture aussi me dit-on, tantôt salée, tantôt sucrée. Je me demande même parfois si je n’aime pas le « fade » itou.

Ton job ?
Prof, mais c’est fini ! J’ai tout donné ! J’ai de beaux restes ! J’anime des ateliers d’écriture de 7 à 77 ans et pour tout avouer, nous nous y comportons tous, (stagiaires et animatrice) comme les ados que j’ai aimés.

Un souhait ?
Asta la vista !

Pourquoi t’es chez Chloé des Lys ?
Parce que Chloé des Lys m’a lue et m’a proposé d’éditer.

T’écris quoi ?
J’écris des romans, des nouvelles et j’ose enfin me lancer dans la poésie.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Le mensonge. La mauvaise foi m’irrite, c’est sûr ! Mais le mensonge me fiche en rogne, à m’en mettre hors de moi !

Tes livres cultes, tes films cultes, tes personnages cultes ?
En lisant la question je me suis dit, c’est impossible de répondre et puis non, finalement certains s’imposent d’emblée… enfin la question est restrictive quand même… Livres : Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes ; Les chants de Maldoror ; Thomas l’obscur…
films : La Dolce Vita ; Affreux, sales et méchants ; Volem rien foutre al païs ; Personnages : Jean Valjean, Françoise (la cuisinière à Combray), le prince Mychkine, Bouvard et Pécuchet, le Petit Prince… J’ai du mal à dire stop… J’aime les personnages !

10. Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Il n’y a pas de question stupide mais quand même, je rêve qu’un jour quelqu’un me demande si j’habite chez mes parents !!! et celle-ci serait stupide à souhait.

MODELE "PORTRAIT CHINOIS" :
Si vous étiez…
1. Une ville
Paris. J’y suis née. J’y ai vécu les années étudiantes. Ville de mes amours… C’est toujours avec nostalgie que je pense à cette ville. Je serais Paris pour cultiver ma nostalgie donc, pour gratter les pieds des souvenirs et en goûter la sève douce-amère.

2. Un livre :
Mourir de penser. Ce livre de Pascal Quignard m’a bouleversée par son intelligence… Et, à mourir pour mourir, je préfère une mort lente ! La pensée aime la lenteur, ça me va bien.

3. Un animal :
une puce, et qui plus est, une puce savante ! J’admire les bonds qu’elles font ! Oui, je serais une puce ! Mon écriture fait des bonds… Je me revendique « pro » de la digression et de la parenthèse… sans oublier que j’aime piquer le lecteur, celui qui ne déteste pas quand ça gratte.

4. Une arme :
Un surin. Je rentrerais dans le lard. Le premier coup serait pour la violence et l’intolérance… Il faut trancher parfois pour être enfin entendu, non ? Je plaisante, j’aime rire mais il est vrai que dans notre monde la seule arme qui mérite d’être, c’est « Le Verbe »…. Hélas, il est moins efficace que le surin, j’en tremble !

5. Une drogue :
La cocaïne. J’aime bien bouger, provoquer aussi… Mais sincèrement en y réfléchissant un peu les dangers de l’addiction me glaceraient… Non la seule drogue qui me va bien, c’est l’écriture, en sirop, matin, midi et soir. J’aime le suave, et comme l’enfant qui vit en nous, je porte tout à la bouche pour en reconnaître la forme… C’est amusant l’idée d’une écriture suave !

6. Un mot :
Mon Dieu !... il paraît que je le dis souvent. L’idée d’évoquer le grand tout pour résumer ma surprise, ma candeur, ma bêtise et celle des autres, me réjouit… C’est ainsi ! « Mon Dieu » et de joindre le geste à la parole en levant les bras au ciel… Oui, c’est mon mot, j’en suis sûre à tel point qu’il me vaut le sourire de mon interlocuteur. Le charme est un don du ciel qui fait chaud au cœur.

7. Un bruit :
Celui d’une cascade ou le ressac de la vague, enfin un bruit d’eau. L’eau me fait peur et me rassure, dans le même temps. C’est le seul élément qui me vaut la « douche écossaise »… Et la douche écossaise a le mérite de me vivifier ! Le bruit de l’eau me plonge toujours dans ces extrêmes que j’aime tant : rire et larme, pluie et soleil ensemble, calme et tempête, tendresse et cruauté, titre des « nouvelles » qui paraissent aujourd’hui.

8. Une saison :
L’été… avec la douce sensation que tout s’arrête, à cause de la chaleur. Oui, je rêve souvent de cet instant d’éternité ou plus rien n’a de sens à cause de la canicule. Tout est remis au lendemain, sans le moindre sentiment de culpabilité. Il fait trop chaud pour travailler, pour tisser, pour écrire, pour donner du sens. Le corps se met en veille et l’esprit s’apaise, engourdi par le « too much » d’une chaleur torride. On sait que la vie reprendra, mais plus tard !!!!!! Hum ! Le rêve.

9. Un plat :
Poivrade d’artichaut. C’est d’ailleurs le thème d’un livre qui sort très prochainement… Un doux mélange de contes, poèmes, recettes médicinales et culinaires… Le tout illustré par un peintre de mes amis ! Mais c’est une autre histoire !

10. Un film :
Love story… lol, ça me fait rire cette réponse ! Je lui laisse son mystère !

11. Un super héros :
Catwoman. Elle est belle. Elle est femme. Elle est chat.

12. Une série télé :
Soda. Mon Dieu que cette série me fait rire! La proviseur, à elle seule est une page d’anthologie, je trouve. Savez-vous que pour garder jeunesse et santé, il faut rire 20 minutes par jour ? Bien voilà… Soda est un excellent remède à la mélancolie.

13. Une citation :
« To be or not to be ». C’est le titre d’une des 6 nouvelles de mon recueil et elle reste, à mon sens la seule question existentielle qui ait du sens… Après bien sûr, il faut affiner la question, comme on le ferait d’un bon fromage, ou d’une belle leçon. La question de l’avoir, de la possession ou du paraître étant écartée… Il nous reste à peser le poids de notre être, sans complaisance et avec toute la tendresse auquel tout « être » a droit ! …