Interview...

Syloviane Catry


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel Sylviane Catry, c’est mon nom. Dans la vie, je suis connue comme la femme de…, la maman de… (nous avons 5 enfants…) mais peu de personnes finalement me connaissent en tant que personne, Sylviane, c’est la forêt, en latin, je suis très attachée à mes racines (j’ai commencé à faire mon arbre généalogique). J’ai dû être (ou je serai ) un arbre dans une autre vie ;

Où habites-tu ?
J’habite à Ottignies. Ce n’est pas ma région d’origine : je suis née à Mouscron et ai vécu mon enfance à Herseaux. Mon mari vivait à Ottignies et nous nous y sommes installés, car, professionnellement, c’était plus facile.

Une famille, des enfants ?
Là, je vais être lassante, car je suis intarissable. J’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari en 1980 en Corse (comme je l’ai dit, je suis née à Mouscron et lui à Verviers). Nous avons eu 3 filles et puis, nous nous sommes mariés (un peu les choses à l’envers), pour adopter nos deux fils, l’un au Vietnam et l’autre en Belarus, une fratrie improbable, mais qui fonctionne. Donc, un mari sur le tard et 5 enfants. Notre aînée ne vit plus à la maison.

Salée !!! J’adore les saucissons, les chips, le beurre salé sur une cracotte. Tout dans les fesses, je sais ;-( . Le chocolat, bof. Lors d’un bon repas, je fais une razzia sur le plat de fromage mais ne prends pas de dessert.

Petite, que voulais-tu faire ?
J’aimais bien lire, je n’aimais pas les gens. J’ai fait des études de documentaliste. J’aime bien le contact papier.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
J’admire les femmes qui jouent un rôle majeur dans la société. Derrière un grand homme, il y a une femme qui reste dans l’ombre. Je ne suis pas une militante. Poser des petites gestes au quotidien, ça fait avancer le schmilblick, je pense. Mes filles, je les pousse, car elles doivent prouver qu’elles sont au top, plus que les hommes. Cela dit, l’anonymat me convient. J’ai noté dans mon agenda cette citation de M.MEAD « Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus puisse changer le monde. En fait, c’est toujours ainsi que le monde a changé ». Il ne faut pas être célèbre pour agir.

Ton truc contre le stress ?
Je me projette dans l’avenir : face à un problème, je me dis dans une semaine, un mois, cela sera derrière moi. Un verre de vin blanc, c’est bien aussi, parfois deux… ;- )

Que fais-tu dans la vie ?
Contrôleur social. Ouh la la , c’est quoi ??? Je contrôle les organismes qui paient les allocations familiales. Ça a l’air rébarbatif, mais je ne changerais pas : la législation est complexe, la situation familiale et professionnelle de la population change, je change d’endroit de travail, j’ai une certaine autonomie dans mon travail. Je suis rattachée à la zone de Charleroi, ville que j’apprends à connaître. Maintenant, avec le transfert aux régions, on verra…

Quand as-tu commencé à écrire ?
Petite, j’ai commencé à écrire une suite des « Mémoires d’un âne », de la Comtesse de Ségur. C’est resté anecdotique, heureusement. Il y a quelques années, suite à plusieurs décès dans la famille m’est venue l’idée d’écrire une sorte de saga familiale, en reliant les histoires que mes parents, mes grands-parents avaient racontées, les anecdotes, afin qu’on puisse se souvenir de proches, même après leur disparition. Je crois que les racines, c’est important pour se construire.
Les enfants grandissant, j’ai libéré du temps libre pour moi, pour des projets que j’avais envie de mener à bien et que j’avais laissé tomber par manque de temps. J’ai participé à plusieurs ateliers d’écriture, dont celui de Sophie Magerat, qui met l’accent sur notre imaginaire.
Ses premières consignes m’ont déstabilisée, du style écrire la suite d’un texte érotique. J’étais toute rougissante en écrivant, je n’osais pas me lâcher et me suis rendu compte à quel point j’étais « coincée » et qu’il y avait du travail. Tout ça, c’était loin du récit familial, mais ce travail m’a permis de dévergonder mon imaginaire…, un peu…

As-tu publié quelque part ?
Non. Le premier texte que j’ai terminé, c’est une nouvelle fantastique, je l’ai fait imprimer à mes frais. Son titre « Le miroir de Zéphora », ça traite entre autre de possession, de double identité.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non, je n’ai participé à aucun concours

Pourquoi Chloé des Lys ?
J’ai envoyé les deux premiers chapitres à plusieurs maisons d’édition, en privilégiant la Belgique et la proximité. Beaucoup de réponses négatives et puis Chloé des Lys m’a demandé le texte intégral. Le fait que cette maison se trouve dans le Tournaisis, pas loin de Mouscron, m’a semblé de bonne augure. La proximité a un côté rassurant.

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
Une œuvre de fiction dont le thème central est le don d’organes. Son titre : « C’est un Soir de Lune opale »
Un après-midi, votre téléphone sonne. C’est la police : votre enfant a eu un accident. Vous devez vous rendre sur les lieux. Un jour, votre médecin vous annonce que vous êtes atteint d’une maladie incurable. La solution est une greffe d’organe. "C’est un soir de lune opale" raconte l’histoire de Phil et Hélène, dont le fils Léopold meurt. L’histoire de Willy, trentenaire célibataire qui, grâce au cœur d’un inconnu, peut rêver à la reconquête de Constance. L’histoire de destins qui s’entrecroisent.
Ma plus jeune sœur est décédée dans un accident de voiture. J’ai vu mes parents prendre des dispositions rapidement, sans pouvoir réfléchir. Il n’a pas été question de don d’organes à l’époque. Plus tard, en tant que maman, je me suis demandée comment je réagirais.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je ne suis pas public relation, pas du tout. Je réponds à cette interview, c’est déjà un début, non ? Je dois encore me familiariser avec toutes les infos et pistes reçues. Je suis consciente que je vais devoir me bouger davantage. Ma priorité pour l’instant, c’est finaliser les maquettes. Je vais privilégier ma commune, ma région dans un premier temps. Notre bibliothèque est très dynamique

Des projets pour la suite ?
J’ai commencé un second roman. La trame : un homme, Rémy, part à la recherche de Madeleine, sa femme. Est-elle en vie ? Accident ? Partie de son plein gré ? Pourquoi ? Où ? Avec qui ? Au fil de ses investigations, de ses rencontres, Rémy découvre qu’il ne connaît pas celle qui a partagé sa vie. Peut-on vivre avec un étranger pendant près de vingt ans ?

Pourquoi écris-tu et comment ?
J’aime bien donner vie à des personnages. Ils s’animent au fil des lignes, des pages, acquièrent leur propre identité. A ce moment, je suis un peu Dieu. Pour écrire, je fais le vide dans la tête et je laisse vagabonder J’écris dans le train, je ne vois pas le temps passer. Cela dit, il faut choisir : lire ou écrire, dilemme

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Des maîtres, un bien grand mot…J’ai des goûts éclectiques mais quand je lis Khadra ou Murakami, je me dis que je n’ai plus qu’à aller me rhabiller. Des coups de cœur… J’ai adoré « La première gorgée de bière" de P. Delerm ; j’ai découvert Noëlle Châtelet avec « la femme coquelicot » ; ces livres sont un peu comme des friandises qu’on suce et savoure. Côté cinéma, j’aime bien les sagas, du style la Maison aux Esprits, avec M. Streep, le dernier film vu au cinéma c’était Amour. J’avais adoré Slumdog Millionnaire. Côté Musique, je suis branchée « Radio Nostalgie », oui bon…J’assume mon côté préhistorique

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
J’ai déjà souligné le rôle de Sophie Magerat. Elle est une belle rencontre dans ma vie

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Mon métier, ma famille, ça prend déjà beaucoup d’énergie. J’ai repris des cours du soir en espagnol. Le côté artiste, c’est plutôt mon mari. Je suis une pragmatique. J’aime bien voyager, découvrir de nouvelles régions. On fait des randonnées : bottines, sac à dos et bâtons de marche, j’aime bien, me retrouver seule avec mes pensées, en marchant, savourant les paysages.

As-tu un blog ?
J’ai commencé un blog pour faire connaître mes écrits, notamment au cours d’ateliers d’écriture, mais je dois bien avouer qu’il est à l’état de balbutiements et qu’une mise à jour substantielle s’impose.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
L’étroitesse d’esprit, l’intolérance, l’irrespect

Ta citation favorite

J’aime bien les citations : quelques mots bien posés nous amènent à une réflexion. A la maison, il y a un panneau « citations » dans le living. Chacun, au gré de ses lectures, peut en noter une, qui reste affichée jusqu’au moment où … J’ai noté cette phrase de Y. Khadra « La vie est un train qui ne s’arrête à aucune gare. Ou on le prend en marche ou on le regarde passer sur le quai »
ou encore « Qu’est-ce qui est pire ? S’adapter en rien au monde ou de s’y adapter en tout ; des fous ou des gens dits convenables, les fous sont moins dangereux…" PAS NOTE L’AUTEUR
Ou encore « Ce n’est pas que les morts ne parlent pas, c’est que nous avons perdu l’habitude de les écouter » PASOLINI

Une qualité et un défaut
Je suis persévérante dans ce que je fais, j’aime bien terminé ce que je commence Un brin mauvaise foi, je n’aime pas avoir tort

Un souhait
Si mon premier roman pouvait sortir cette année (c’est l’année de mes 50 ans)

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Là, pas d’idée. Vous avez des suggestions ?