Interview...

Suzanne Carabin


Pseudo ou nom réel ?
J’utilise mon nom réel d’épouse et de jeune fille. Je n’aime pas les articles anonymes car je trouve qu’on doit assumer ce qu’on écrit, dans la mesure du possible. C’est aussi une façon de remercier mon mari et ma famille qui ont une part dans ce livre.

Où habites-tu ?
J’habite Dison, en Belgique, une petite ville pas loin de la campagne ce qui donne les avantages de la ville avec ses commerces, et les avantages de la campagne : le calme, la beauté de la nature avec un petit bois privé derrière chez nous, puis des prairies…menacées par les lotissements qui se multiplient malheureusement ! Nous ne sommes pas loin de l’Allemagne ni des Pays-Bas surtout par l’autoroute qui traverse la ville.

Une famille ?
Oui ! La famille est très importante pour moi, même prioritaire ! Issus tous deux de familles nombreuses où on garde des liens, même espacés. Nous avons 4 enfants qui ont chacun deux enfants : nous avons donc 5 petites-filles de 18 à 7 ans et 3 petits-fils de 14 à 11 ans. Ils sont une partie du livre…
J’expliquerai pourquoi…Les rencontres familiales sont liées aux fêtes et aux anniversaires. A Noël, on se réunit pour déguster les bouquettes de bon-papa et la bûche-moka et les baisers au moka réalisés par notre fils qui a le diplôme de boulanger-pâtissier même s’il est devenu enseignant !
On se réunit à Pâques, à la fête des mères et des pères etc…Pour le réveillon du Nouvel An, on loue un gîte pour faire la fête et passer la nuit ensemble : les petits en parlent longtemps à l’avance ! Conclusion : je suis un peu maman-poule parfois !

Sucré ? Salé ?
Ni l’un, ni l’autre ou un peu pour les deux ! Le diabète m’a appris à apprécier modérément le sucré et pour le salé, j’aime surtout les apéritifs salés mais pour les aliments, très peu de sel. Je crois que je n’utilise pas plus de 2 kilos de sel par an ! (Sauf pour déneiger !!!!!!!)

Ce que je fais dans la vie ?
Institutrice primaire, j’ai enseigné durant 36 ans dont deux ans passés à Bukavu (Congo Kinshasa). Des journées très occupées par la famille et le travail ! La prépension que certains attendent impatiemment a été un tournant difficile ; des problèmes de santé m’ont obligée à ralentir mes activités et à savoir prendre le temps…
Chrétienne engagée, j’ai eu des engagements auprès des enfants. Maintenant, vu le manque de prêtres, mon mari et moi assumons les funérailles chrétiennes : un engagement qui fait peur à certains mais qui est riche de relations humaines au cœur de moments de souffrance. Nous sommes bénévoles au secrétariat de l’Unité pastorale : mon mari pour ce qui est informatique et moi pour l’administratif, les contacts…Sans oublier les petits-enfants à garder parfois ou à aider pour les devoirs etc …

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J’ai toujours aimé écrire…Depuis mon enfance, pour le plaisir ou pour communiquer…Quand nous revoyions, une fois par mois, un groupe d’amis partageant le même engagement, nous partagions les nouvelles. Pour ma part, j’avais toujours à raconter des anecdotes vécues avec des enfants (les miens, les élèves, les enfants du KT) ; plusieurs amis m’ont conseillé de noter toutes ces anecdotes pour les retenir…
Un jour, je me suis décidée à les noter en bref…Après ma pension, j’ai recopié ces anecdotes dans un cahier, en formulant correctement…Puis l’idée est venue : pourquoi ne pas partager tout cela dans un livre ? Il fallait trouver un éditeur !

As-tu déjà publié ?
Oui, ce livre a été édité à compte d’auteur, chez un éditeur dont la présidente était une connaissance. Malheureusement, leur société a dû revoir son fonctionnement et le livre n’a jamais été diffusé et n’est jamais paru en librairie ! J’ai vendu par moi-même aux proches et par la poste grâce à la publicité de quelques revues…Mais le stock s’est vite épuisé et je n’ai pu continuer la vente.
J’ai voulu abandonner mais des amis m’ont encouragée à chercher un autre éditeur…Pas très facile d’ailleurs ! C’est un éditeur accueillant mais trop occupé qui m’a renseigné « Chloé des Lys » et le reste a suivi…

Pourquoi « Chloé des lys » ?
Beaucoup d’éditeurs ont refusé parce que leur programme était complet pour plusieurs années. Chloé des lys est le seul qui a ouvert une porte et permis de reprendre courage. J’ai été séduite par le côté convivial de la présentation sur le site, le côté non commercial aussi, le caractère humain des personnes qui y sont impliquées, leur amour pour la lecture, l’écrit au sens large du terme…

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Aucun prix …mais la reconnaissance est d’un autre ordre. Voir la suite !

Quel ouvrage vas-tu publier ?
C’est un livre-témoignage : « Les enfants m’ont évangélisée. » Les enfants m’ont beaucoup apporté humainement mais aussi sur le plan de la foi chrétienne. Les enfants vont à l’essentiel, ils sont ancrés dans la vie avec ses joies et ses peines. Ils m’ont souvent interpellée au sujet de ma foi. Toutes les anecdotes racontées dans mon livre ont été vécues ; j’y ai ajouté mes commentaires, l’interpellation reçue en rapport avec la « Parole de Dieu » et parfois une prière du cœur.
Je ne cherche pas à convaincre mais à partager du vécu, de l’espoir, de la joie…J’y ai inséré des dessins d’enfants…j’en ai reçu des centaines et conservés beaucoup : je n’ai pas le cœur de jeter à la poubelle (ou au recyclage) des dessins offerts avec tout leur cœur…

Comment comptes-tu procéder pour te faire connaître ?
Trois revues chrétiennes avaient parlé de mon livre puis le bouche à oreille dans mon entourage…jusqu’à l’épuisement du stock. Pour celui qui va « renaître » grâce à CDL, je vais réfléchir à différentes pistes, suivre les conseils de CDL, essayer de me faire connaître dans les librairies de chez nous, dans les Centres diocésains de documentation (CDD), par le net…

Pour la suite ?
Durant ce long hiver où j’ai été souvent bloquée chez moi, j’ai envisagé un rêve fou… Un deuxième livre qui mêlerait fiction et réalité. Fiction parce que les personnages seraient fictifs et réalité parce que je voudrais relater les luttes quotidiennes d’un peuple pour survivre, peuple au Congo.
Pour le réaliser, il faut pouvoir me baser sur les documents et photos d’un ami (qui travaille avec eux au développement de ce village) et les utiliser pour produire une sorte de roman…
Je voudrais vous parler de cet ami…
Il est Congolais d’origine et a aussi la nationalité belge. Originaire du Kasaï, toute sa famille était implantée et travaillait au Katanga. Il a choisi de devenir prêtre. Peu après son ordination, une épuration ethnique a commencé à Kolwezi, Lubumbashi : les Congolais originaires du Kasaï n’avaient pas le choix : fuir ou se faire tuer ! (C’était pendant le génocide rwandais, on n’a guère parlé de celui du Katanga)
Il aurait pu rester sous la protection de son évêque mais il a choisi l’exode avec sa famille et son peuple : 1700km à pied pour revenir au Kasaï où personne ne les attendait ! Ils ont été placés dans une plaine sans infrastructure… Voyant la misère de son peuple, il a demandé à son évêque de pouvoir reprendre des études d’agronomie ici en Belgique pour aider son peuple à s’organiser et survivre. Il a réussi brillamment et est retourné au Kasaï : un comité de sages a commencé à suivre ses directives : des puits, l’habitat, les cultures etc…
C’est tout cela que je voudrais raconter à travers l’histoire d’un enfant. Cet ami est resté prêtre en Belgique ; avec des amis belges, il a fondé une ASBL qui cherche des fonds et gère, depuis la Belgique, le développement du village. Internet est un lien précieux ! Il retourne au Congo tous les deux ans pour voir l’avancement des projets et revoir sa famille ; il pourrait retourner chaque année mais il préfère que l’argent du voyage serve à une famille, une maison etc…C’est un homme très intelligent mais qui vit avec la simplicité d’un homme de cœur.
Mon premier livre a été vendu au profit de ce projet et je vous assure que les photos de familles ayant un toit, les sourires des enfants jouant au ballon, l’eau potable grâce aux puits…c’est la plus belle des reconnaissances pour mon livre ! C’est aussi ce qui me motive à continuer !

Mes hobbys ?
En ai-je vraiment ? J’aime la lecture de romans d’amour ou policiers ; j’aime les films du même genre parfois au cinéma, souvent à la TV ; j’aime les voyages pas trop loin, pas trop longs (maman-poule n’aime pas s’absenter loin des siens) mais toujours différents pour découvrir des régions diverses. Nous changeons souvent d’endroits de vacances…
Les livres qui m’ont marquée : ceux de Gilbert Cesbron, « Le petit prince » de St Exupéry ; les livres de Janine Boissard, Guillaume Musso, Eric Emmanuel Schmitt, Marc Lévy, Laurent Gounelle…pour être plus d’actualité. J’aime aussi des livres à thème de société comme ceux de Denis Ledogar…
J’aimais les aquarelles mais il faudrait être persévérante…J’aime aussi me promener dans la nature au calme…Comme chanteurs : Jacques Brel, Yves Duteil, Adamo…de mon époque, quoi !

Je n’ai pas de blog, pas de site…Je me suis mise à l’informatique il y a 3 ans. Peut-être un jour, irais-je plus loin dans ce domaine…tellement énigmatique pour moi !

Ce qui me fout en rogne ? L’injustice sous toutes ses formes, surtout lorsqu’elle touche des enfants, des femmes abandonnées…et que la « Justice » ne défend pas comme elle le devrait !

Ma citation favorite ? Sans beaucoup réfléchir : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » (Antoine de St Exupéry)

Un souhait ? La paix sur terre…Et plus réalisable : que le village de Cibombo, au Congo, trouve les fonds pour un collecteur d’eaux de pluies afin d’irriguer les champs. La rivière où ils vont puiser l’eau est à 8-10 km… Ce collecteur est proposé à la Fondation Roi Baudouin : un espoir ?

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait me poser ? Pour encourager mes élèves à s’exprimer, j’ai souvent dit qu’il n’y avait pas de question idiote, alors ???