Interview...

Fleur Camerman


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. Pourquoi changer?

Où habites-tu ?
Je vis en Belgique près de Louvain-la-Neuve, une cité universitaire. Le coin est vert, une hauteur avec vue sur une vallée…et ses vaches l’été. Il y a toute une vie de faune bien active autour de la maison. J’ai beaucoup de chance d’y vivre.

Une famille, des enfants…
Mon mari était déjà père de trois petites filles quand nous nous sommes rencontrés. Je terminais mes études. Nous avons ensemble deux garçons et une fille…aujourd’hui ils ont entre 30 et 11 ans. Ajoutons-y trois beaux-fils, un cheval, deux chiens et quatre chats.

Petite, que voulais-tu faire ?
Vétérinaire pour chevaux…ce que je suis. En cours de route, j’ai failli changer pour la photographie…je le suis en amateur. Et aujourd’hui, brasseur. J’ai troqué mon stéthoscope pour d’autres ustensiles et je fais de la bière.

Ton truc contre le stress ?
Faire des tiroirs et mettre des contours à tout ce qui apporte du stress pour ne pas me laisser submerger.

Que fais-tu dans la vie ?
Pleins de choses, comme tout le monde. On a tous plusieurs costumes ! Maman, épouse, brasseur, taximan, cuistot, infirmière, journaliste, photographe, jardinière, palefrenier, …la vie quoi et puis l’écriture quand elle me prend. Mais c’est très tôt le matin, avant que la journée ne démarre pour avoir le silence.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Nous avons vécu 4 ans à Madagascar. Les naissances, la petite enfance. C’est à ce moment-là que la photo a pris plus d’importance pour moi et que je me suis mis à chipoter avec des textes pour les petits. Par besoin de me nourrir intellectuellement dans cette vie « île »…

As-tu déjà publié quelque part ?
Oui. Un album jeunesse chez Alice en 2008, réédité dernièrement. « Fille ou garçon »…inspiré par ma grand-mère, ma mère et son frère. Il a eu une révélation en la voyant après sa naissance: elle n’était pas faite comme lui…et a aussitôt demandé à sa mère s’il y en avait encore beaucoup d’autres sortes ?!...un sujet bien d’actualité. Ma belle-fille est institutrice et la lecture en classe donne suite à de super discussions ! C’est gai de savoir ça.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Pour votre démarche, votre manière de travailler, votre ouverture face aux autres maisons qui suivent une ligne éditoriale et surtout …commerciale. Et maintenant, je peux dire, votre accueil amical.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Un roman sur notre avenir lié à celui de notre planète et à ses habitants. Un roman d’initiation aussi. Je l’ai écrit en pensant particulièrement aux jeunes qui débattent à l’école de nos sociétés, de l’actualité, de sujets généralement assez moroses. Et tout ce qu’on invente et parvient déjà à faire et qui est positif ? Il faut en parler aussi pour leur offrir un monde où se projeter avec leur enthousiasme. J’espère être parvenue à donner une liberté au lecteur et que toutes les petites portes que j’ai amené seront ouvertes.

Projets pour la suite ?
Ils arrivent tout seul.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
D’abord, la jument qui m’a accompagné de mes 13 à 30 ans. On est tous ce qu’on est par le « monde » dans lequel on grandit. Nous avons partagé l’affection, la liberté, la nature, tout cela fait partie de moi.
Et puis est venu tout le reste. Les rencontres, les lectures, quelques voyages. Gabriel Garcia Marquez (Cent ans de solitude), Luis Sepulveda, Rick Bass (Winter), Stephen Hawking, Boris Cyrulnik, Daniel Pennac, Paul Auster, Roald Dahl, …comment les nommer tous, et aussi ceux que je ne connais pas encore, n’en oublier aucun et choisir un ordre ? Et les auteurs jeunesse ! Dont Quentin Blake pour n’en citer qu’un.
Avec mes enfants, nous avons dévoré la bibliothèque sans parvenir à tout lire.
Pour la musique, j’aime de tout. Mais je ne me passerais ni de Bernard Lavilliers, Georges Brassens, Bob Dylan, Césaria Evora, …ou Aldebert ! Je suis moins attirée par la peinture mais reste sans voix devant les dessins rupestres…la visite (de la réplique) de Lascaux m’a profondément touché.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Pierrot Men. Photographe malgache. Il a l’œil et le cœur.

Un souhait ?
Gardez en tête cette phrase écrite par mon instituteur dans un livre qu’il m’a offert : « Que ta joie de vivre soit toujours à l’image de ton prénom »…après, tout est possible.