Interview...

Jérôme Burlandiny


Pseudo ou nom réel ? Pseudonyme, lisez le livre, vous comprendrez.

Où habites-tu ?
En Belgique brabançonne. Un village mi-rural, post-industriel, qui essaie de retrouver des racines. Mais je possède une résidence secondaire à Utopia-sur-Lechamp. La première à gauche en sortant de l'avenue des Combattants. Juste après le croisement de la rue des Résistants et de celle des Prisonniers de guerre.

Une famille, des enfants…
Oui, et j'ai eu des chats aussi.

Sucré ou salé ?
Sucré après. Salé avant. Mais je me soigne et j'apprends vite. S'il le fallait, je serais même capable de mélanger les deux.

Petit, que voulais-tu faire ?
Pas grand-chose, mais de grandes choses. Je rêvais toujours de choses à faire à l'endroit où j'étais hier, et où je voulais être le lendemain. Mais j'aimais m'ennuyer. Ça me donnait des idées … Mais je ne le savais pas.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Papa admirait De Gaulle, le roi Albert et Napoléon. Moi j'aimerais ressembler à l'enfant que Frédéric Dard aurait eu avec Léo Ferré, après s'être engueulé avec Brel. Il s'appellerait peut-être René Prévert ou Jacques Magritte. Mais s'il ne restait que Robinson Crusoë en magasin, je serais preneur.

Ton truc contre le stress ?
Non. Hélas. Quoique… les fleurs de Bach : le mélange "Rescue" me réussit assez bien. Quand j'y pense au bon moment. Mais ce n'est jamais le bon moment à ce moment-là. Pourtant, pour moi, le stress est un poison qui pourrait entraîner la mort par non assistance à personne en instance de dérapage émotionnel.
Il y a aussi ce jeu, le "solitaire", l'"impatience". Ça aide, avec de vraie cartes un peu poisseuses, ou sur tablette. Plus propre, et moins fatigant quand on n'a pas de chance.

Que fais-tu dans la vie ?
Glandeur nature. Cueilleur plus que chasseur : champignons, images. Mais Facebook ne me fait pas peur.
La photographie, en parallèle à l'écriture. Mais pas que mes photos. Le regard que les autres portent sur les choses que je vois est aussi très important.
Mais j'écris tous les jours.
Maintenant que j'ai le temps devant moi, alors que mes jours sont de plus en plus comptés, je voyage. Dans ma tête, entre mes Post-it ©, mais aussi deux mois par an en France et en camping-car. La façade océane. Ré, Oléron, Noirmoutier. Chez un ami en Normandie, dans le Nord authentique ou en baie de Somme touristique. Le pays de Pierre Magnan et de Giono (04) m'attire, le Sud-Ouest et le canal des deux mers aussi.
Le reste, en fonction du rapport "opportunités-envies cachées" : îles grecques, Égypte, mer Rouge, Madagascar, Inde du sud, … Anvers.
Jouer avec les épices. La cuisine instinctive, sauf pour les pâtisseries où proportions et temps de cuissons sont les maîtres du jeu.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Élève moyen en secondaire, inexistant en maths, je n'aimais pas beaucoup les rédactions ni les dissertations qui suivirent. Papa me gavait de René Bazin (pas Hervé !). Puis j'ai lu tout Henri Vernes, tout Mauriac, tout Colette, tout Zola. Puis je suis devenu journaliste dans un magazine de tourisme. Ecrire restait une corvée. Bien qu'on disait me reconnaître à mon style. Mais la paresse ! Ah ! la paresse… Tout doucement, j'ai commencé des textes, pour le plaisir. Poèmes, lettres de vœux, … Ça plaisait.

As-tu déjà publié quelque part ? Et quoi ? Quel genre ?
Oui. Quelques guides de tourisme, épuisés aujourd'hui. Cycliste, pédestre, et un guide sur Bruxelles.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Oui, mais c'est sans importance.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Avant d'envoyer mon manuscrit, j'avais fait le tour des sites www des éditeurs belges. Et Chloé venait en deuxième position dans l'ordre de mes sympathies. Mais c'était peut-être très subjectif. On verra à l'autopsie.

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
Gamma-GT est un "roman à l'eau de vie", parce que, bien que centré sur la maladie mortelle qu'est l'alcoolisme il déborde sur l'amitié et la renaissance.
Des hommes, des femmes, qui pour de bonnes ou de mauvaises raisons sont devenus dépendants de l'alcool, quelle que soit sa forme, et qui décident un jour qu'il est temps d'en sortir.
Certains y parviennent avec l'aide des Alcooliques Anonymes, d'autres pas.
Le roman, lourdement autobiographique, raconte les souffrances des malades alcooliques, mais aussi l'amitié rencontrée au sein de cette association fraternelle et riche de toute sa diversité humaine. Je ne voulais pas faire un documentaire sur les AA, non plus sur l'alcoolisme. Encore moins un tract propagandiste pour AA. Ce livre n'est pas non plus un plaidoyer anti-alcool. Vivre et laisser vivre. C'est simplement une preuve de plus qu'il y a moyen de stabiliser cette maladie honteuse. Simplement en ne prenant pas le premier verre, un jour à la fois, et en se réunissant avec d'autres alcooliques. Les gens du roman sont des puzzles, ils n'existent pas tout en étant potentiellement réels. Si j'en en rencontrais un dans une réunion AA dans le nord de l'Espagne, je ne serais pas étonné.

Projets pour la suite ?
Pourquoi pas ?

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Moi-même, souvent. Parfois, j'en arrive à me dire que je devrais partir en vacances sans moi.
Les adultes qui se prennent trop au sérieux. Les à-priori. La foi de ceux qui ne prient que parce qu'ils ont peur ou besoin de quelque chose. Ce qui est le cas le plus répandu. L'intolérance, résultat du refus de la connaissance ou de son mépris.
La bêtise, souvent un maléfique mélange de foi, de méconnaissance et d'intolérance. Tout cela n'engendre que de la méchanceté basique. Mais, moi, je me soigne.

Ta citation favorite ?
Il faut regarder ses amis comme des paysages. (Brassens.)

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Il n'y a pas vraiment de questions stupides.