Interview...

Dominique Brynaert


Pseudo ou nom réel ?
Mettons-nous bien d’accord dès le départ. Il y a deux choses dans la vie qui m’angoissent vraiment. Devoir écrire un mot gentil dans un livre d’or et répondre à des questions qui tentent de me cerner. Si mon analyste n’y est jamais parvenu, il y a peu de chances qu’un journaliste puisse y arriver. Quoique sous la torture…

Oui, mais ma question ?
J’ai longtemps songé au nom de John Mc Cartney ou de Paul Lennon. On m’a franchement déconseillé.

Ça t’arrive d’être sérieux ?
Le moins possible. Il y a des gens très bien payés pour cela. Des ministres, des fonctionnaires…Alors chacun son boulot.

Une famille, des enfants ?
Une femme qui écrit – Dominique Leruth- qui a publié « Petits Contes cruels pour mal dormir » chez Chloé des Lys. Et deux enfants : une fille de 18 ans et un garçon de 14 ans qui n’ont jamais lu la moindre ligne des écrits de leurs parents. Je ne regrette pas de ne pas leur avoir donné le sein à ceux là !

Que fais-tu dans la vie ?
Du journalisme depuis une bonne trentaine d’années. Dont vingt en télévision pour une chaîne bruxelloise. Mais surtout il ne faut rien dire à ma mère. La pauvre femme croit que je suis voiturier dans un hôtel de luxe !

Mais encore ?
Ce qui m’intéresse dans la vie, c’est de raconter des histoires. J’écris donc depuis mon adolescence ; théâtre, scénario, nouvelles… Certaines choses ont eu une vie parfois discrète, parfois très intéressante, d’autres m’ont simplement servi à me tester pour délimiter le champ de mes capacités et les limites de mes envies. En fait, ce n’est que depuis peu que je me fixe des objectifs assez précis et des obligations de résultats.

Tu viens d’obtenir le prix Pierre Nothomb 2009 pour ta nouvelle « Le jardin chinois » Cela faisait partie de tes objectifs ?
Oui. J’avais réussi précédemment à me classer en ordre utile lors d’un concours de nouvelles organisé par l’hebdomadaire Femme d’Aujourd’hui.
Cette fois, je voulais être premier. Mais c’est une première place partagée ex æquo. La prochaine fois, je ne partagerai pas le podium ! Ou alors avec Didier Van Cauwelaert ou Amélie Nothomb ou Maxime Chattam.
Voilà comme ça tu ne dois plus me poser la question des auteurs que l’on croise dans ma bibliothèque.

Quel type de récit raconte-tu ?
J’ai une prédilection pour les histoires dans lesquelles un événement anodin ou insolite prend petit à petit des proportions telles qu’il finit par bouleverser complètement la vie d’un personnage ou d’une communauté. Ainsi dans « Le jardin chinois » l’installation par un jardinier chinois d’une statue d’un bouddha rieur dans le jardin d’une maison de retraite catholique va provoquer un véritable chaos au sein de l’établissement. Sous le masque de l’humour, j’aime assez exhiber le long cortège des mesquineries humaines.

Tes activités se développent également dans le domaine du conte ?
Oui, comme auteur mais aussi comme interprète. J’aime vraiment être sur scène, être au contact du public, le faire rire, le faire vibrer, m’amuser à improviser. J’ai deux facettes. L’écrivain solitaire qui cisaille ses textes dans la pénombre de sa tour d’ivoire et l’homme public qui a besoin de la lumière des projecteurs.

Tu as aussi créé un site exposant ton travail photographique ?
Bon d’accord. Tu es bien informé. J’ai finalement trois facettes… Je suis fasciné par les mots mais j’ai aussi besoin de l’image. Des images qui vont évidemment à la rencontre de l’imaginaire, qui peuvent raconter une histoire. Mon travail photographique n’a vraiment rien de journalistique. Au contraire ! Je travaille mes photos comme un peintre peut le faire sur la toile. Mon site c’est www.dominiquebrynaert.net

Et c’est vraiment tout ?
Vous êtes dur inspecteur… Il m’arrive aussi de dessiner sur des coins de table des petits personnages de bd. A force d’entendre les gens qui observent mes dessins me répéter qu’il faudrait que j’en fasse quelque chose, je me prépare psychologiquement à m’imposer ce nouvel objectif.

D’autres projets précis pour 2010 ?
Je prépare une nouvelle pour un concours important. Si cela se passe bien, j’aurai sûrement l’impulsion de me lancer enfin dans l’étape suivante ; celle du premier roman. Je commence à me sentir prêt pour cette aventure que je voudrais phénoménale et jouissive.
J’aimerais juste avoir plus de temps pour mes activités d’écriture. Souvent je songe à laisser tomber mon boulot de journaliste pour devenir gardien de nuit dans une fabrique de cierges…Si les lecteurs du site connaissent quelqu’un…

La caractéristique commune de ces activités, c’est que tu les abordes en autodidacte ?
C’est sans doute la plus grosse erreur de ma vie. Qu’est-ce que je perds comme temps à essayer l’une ou l’autre chose par moi-même ! Mais, voilà, je trouve que la route est plus belle quand il n’y pas trop de panneaux indicateurs.

Passons aux questions vraiment sérieuses. Sucré ou salé ?
Sucré avec les blondes. Salé avec les brunes. Heu, je parle des bières bien sûr !

Qu’est-ce qui te fous en rogne ?
Les pannes. Toutes les pannes. Mécaniques, électroniques, informatiques et surtout les pannes d’inspiration. Heureusement ces dernières sont très rares.

Si tu avais un souhait à exaucer ?
Qu’un éditeur vienne me trouver et me dise « écris le livre que tu as envie, à ton aise, prends cette avance de cinquante milles euros, je m’occupe de tout le reste. Tu penses qu’une sortie de cent mille exemplaires, ce sera suffisant pour commencer ? »

Et Dieu dans tout cela ?
N’a plus rien fait de bon après un premier best-seller. Alors, basta !

La maxime du moment. ?
« La littérature est supérieure au sexe. On n’oublie jamais un bon livre » Ami écrivain, ne me pique pas cette phrase, elle est sous copyright !

Quelle est la question la plus stupide que l’on pourrait te poser ?
« Si je te disais que j’ai oublié d’enclencher mon enregistreur, tu serais prêt à recommencer cette interview ? »