Interview...

Catherine Boy


Pseudo ou nom réel ?
Pourquoi se cacher sous un parapluie ?

Où habites-tu ?
Dans le Finistère : le granit et ses tempêtes, mais aussi sa lumière extraordinaire.
Pourquoi le Finistère ? Le hasard de la vie… Je ne suis pas bretonne, je suis née à Pau et j’ai vécu dans le Nord de 3 ans à 28 ans. J’ai fait l’École Normale à Douai, puis j’ai enseigné dans la région de Versailles. Ensuite, mon mari m’a emmenée en Bretagne pour admirer son fier vaisseau… Je ne regrette rien. Je vis cependant avec l’esprit au Vietnam à 50% de mon temps.

Une famille, des enfants…
Trois filles et un garçon. À l’annonce du garçon, j’ai eu un peu de mal, je m’étais préparée aux barrettes et aux petites robes… Et en fait, c’est un vrai bonheur !

Sucré ou salé ?
Sucré bien sûr ! Douceur, plaisir, soleil, comme le miel… Quoique le piment est agréable aussi ! Écrire, c’est comme cuisiner : il faut de bons ingrédients et de l’imagination. Essaie ceci : une cuiller de crème fraîche, une pointe de wasabi et une fraise tranchée par-dessus. Un délice !

Que fais-tu dans la vie ?
C’est une longue histoire ! J’ai toujours entendu parler du Vietnam à la maison… Mon père, la guerre, les camps de rééducation politique. Lorsque j’étais en première, j’avais demandé à maman d’adopter un enfant des boat people. Mes parents ne se sont pas lancés, trop âgés sans doute.
Alors maintenant, je réalise mon rêve : je m’occupe d’une association qui vient en aide aux enfants pauvres du Vietnam. C’est une grande richesse de cœur, réellement. Nous avons beaucoup à apprendre de ces gens courageux. Ils se réjouissent de ce qui arrive de bon à leur voisin, par exemple.
En sommes-nous encore capables ? Nous sommes pollués par la course à l’excellence, tandis que les familles vietnamiennes travaillent toute la journée et vivent malgré tout dans des conditions bien souvent précaires. Ils se reconstruisent après leurs années de guerre.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J’ai commencé à écrire lorsque mon mari est parti en mer pendant un an. Je ne regarde pas la télévision, je m’endors ! L’envie m’est venue à ce moment-là.
Auparavant, nous nous écrivions, maintenant il y a le net et le téléphone à bord. Alors pour occuper mes soirées, j’ai commencé une histoire policière au Cambodge. Et de fil en aiguille, j’ai été piquée par le virus. L’écriture, c’est un bouillon d’invention (on en revient à la cuisine !), mais c’est aussi un havre de paix. Personne ne peut pénétrer dans notre monde. Du moins, c’est comme cela que je vois les choses.

As-tu déjà publié quelque part ?
Oui. D’abord à compte d’auteur, c’est à fuir ! Mais bon, je n’y connaissais rien et je n’ai pas honte de le dire. Je sais que des personnes ne veulent pas avouer qu’elles ont été publiées à compte d’auteur, alors elles disent à compte participatif pour semer le doute. Ces maisons d’édition devraient être condamnées, c’est une belle arnaque. Elles financent, sur le dos d’auteurs crédules, d’autres maisons d’édition, à compte d’éditeur cette fois-ci.
Bref… J’ai ensuite publié un recueil de nouvelles à compte d’éditeur, une maison associative. Mais il fallait fournir des bons de souscription. Ce n’est pas évident.
Et puis, j’ai envoyé un manuscrit à Chloé des Lys ! Maison super sympa. Une entente cordiale entre tous. J’espère vraiment que nous avancerons tous ensemble et que surtout, comme les Asiatiques, nous nous réjouirons de ce qui arrive de bien à nos amis auteurs de Chloé des Lys.

A qui ressemble ce que tu as publié ?
Des nouvelles et des romans.
Une enquête policière au Cambodge dans le monde du tourisme sexuel : « Disparition au pays du sourire ».
Puis une histoire de famille entre la Bretagne, la Provence et le Vietnam (toujours !) : « Madeleine ».
Ensuite un recueil de nouvelles : « Nouvelles insolites »
Et enfin chez Chloé des Lys : « Marc, si tu savais », l’histoire de la reconstruction d’une femme, échappée d’une secte. Elle avait passé un marché avant d’y entrer, elle est obligée de le révéler à sa fille des années plus tard.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Je me demandais si les maisons d’édition belges étaient plus accueillantes que les françaises. J’ai tenté le coup et la conclusion est maintenant évidente.

Des projets pour la suite ?
J’ai signé un autre contrat chez Chloé des Lys (merci à l’équipe de Chloé des Lys !) pour un roman psychologique : « Acharnement ». Je n’en dis pas plus. Je dois faire la mise en page…
Je réunis actuellement mes dernières nouvelles dans un recueil, j’ai un livre jeunesse commencé depuis deux ans et un autre roman aussi. Au secours ! Les journées ne font que 24 heures…

Pourquoi écris-tu ?
Le besoin de calme, de me retrouver face à moi-même. C’est extrêmement important. C’est ce que m’apporte l’écriture. Lorsque j’ai une histoire en tête, j’y pense tout le temps. Il m’arrive de me lever la nuit pour prendre une note. Je n’ai malheureusement pas assez de temps. Dans un autre monde ?

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Euh… Comme cela, j’ai quelques images…
Musique ? Non, pas vraiment. J’écoute le silence… L’eau… Les enfants qui jouent sur la plage… Ou France info dans la voiture pour me tenir un minimum au courant de ce qu’il se passe sur notre planète !
Cinéma ? Oui ! J’adore… Tous les genres, avec une prédilection pour les films assez psy.
Genre littéraire ? Pas précisément. J’aime feuilleter les livres dans une bonne librairie. Je fonctionne plutôt au feeling.

Tes hobbys ?
Découvrir les êtres humains ! M’initier à des nouvelles disciplines comme le Qi Gong ou me plonger dans un bain d’algues !

As-tu un blog ou un site ?
Mon site : http://www.nouveauroman.net. J’y présente ce que je fais, tout simplement.
Ensuite, j’écris beaucoup sur le site de mon association : http://www.enfance-avenir.asso.fr

Qu’est-ce qui te fout en rogne?
L’hypocrisie ! Les gens qui font des entourloupes et toutes les obligations comme la course aux cadeaux de Noël.

Un souhait ?
Que tous les enfants du monde aient une vraie vie d’enfant, qu’ils puissent tous être émerveillés par la lecture d’un conte, qu’ils reçoivent un gros câlin le soir, au coucher.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
La vie est-elle un long fleuve tranquille ?

C’était super sympa d’avoir passé un moment ensemble !