Interview...

Patrick Benoit


Pseudo ou nom réel ?
Nom et prénom imaginaires donnés par mes parents. Reçus en héritage, et exceptionnellement non taxés, ni soumis à des droits d'auteurs. Dès lors pourquoi en changer et se cacher derrière un pseudonyme ? Un auteur n'est pas une star qui a besoin de gardes du corps. Il a juste besoin de garde-fous pour ne pas se faire intoxiquer par les lettres.

Où habites-tu ?
A Bossière, village agricole situé entre Gembloux et Namur. Avec son église romane classée, son épicerie et son café, il attire chaque weekend nombreux promeneurs "adepsiens" et "vététistes" acharnés. Avantage : le village n'est pas, comme souvent malheureusement, coupé par une route nationale. Désagrément : la quasi totalité des bois environnants sont privés.

Une famille, des enfants…
Une charmante épouse d'origine coréenne, trois beaux enfants eurasiens, trois chats, un lapin et quatre poules.

Sucré ou salé ?
Plutôt salé, mais aussi sucré/salé, cuisine asiatique oblige.

Que fais-tu dans la vie ?
Tantôt publicitaire comme consultant en marketing et communication, tantôt enseignant comme passeur de modestes connaissances et expériences.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J'ai écrit ce premier texte entre avril 1987 et décembre 1989, à la sortie de mes études en philologie romane. Je n'ai pas pu résister aux mots. Ils m'ont aliéné avec jouissance, fait souffrir dans la félicité. En fin d'écriture, ce fut un véritable orgasme.

As-tu déjà publié quelque part ?
Non.

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Non.

Pourquoi Chloé des Lys ?
Parce que Gallimard a refusé mon manuscrit ;o) Je pense plutôt que c'est Chloé des Lys qui m'a choisi. Entre-temps, j'apprécie son côté convivial, communautaire, sans prise de tête.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
Titre : Je, tu, il. Genre hermaphrodite où les mots s'enchaînent et se multiplient pour écrire une histoire de lettres. Ni masculin, ni féminin, juste une illusion d'avoir écrit quelque chose pour donner l'illusion au lecteur d'avoir lu quelque part.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Par mes anciens élèves de l'Athénée Royal Jean Rostand de Philippeville, de qui j'ai déjà reçu 51 promesses d'achat.
Par mon cercle familiale et le Facebook de mes enfants.
Par mon voisinage extrêmement dynamique au niveau culturel.
Par ma librairie Antigone à Gembloux.
Par mes relations "plus" que professionnelles dans la communication, et notamment dans les médias.
Par mon QG bruxellois, la brasserie L'Arrosoir.

Projets pour la suite ?
Le fait d'être publié par Chloé des Lys me donne l'envie de reprendre un deuxième manuscrit entamé il y a deux/trois ans. Je vais donc recommencer à souffrir d'écrire pour le plaisir.

Pourquoi écris-tu et comment ?
J'écris car je n'ai pas le courage ni la force d'y résister. J'écris aussi parce que je ne sais ni peindre, ni dessiner, ni sculpter, ni jouer d'un instrument de musique. Cela reste une souffrance salvatrice. J'avance des mots l'un derrière l'autre pour construire un sens sans en chercher.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Dans le désordre : Marguerite Duras, Albert Camus, Alice Ferney, Boris Vian, Maxence Fermine, Arthur Rimbaud, Shan Sa, André Schmitz et tous ceux que j'oublie.
En cinéma, Diva de Jean-Jacques Beinex fut une révélation.
En peinture : Joan Miro, Henri Matisse, Dotremont, Balthus, Ferdinand Schirren, Marc Chagall, Egon Schiele, Modigliani, mon épouse et j'en oublie.
En musique, ce serait trop long...

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
De tous ceux qui aiment.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Photographie.

As-tu un blog ou un site ?
Non.

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Les gens refusant de pratiquer la dialectique.

Un souhait ?
Voir mon livre sur la table des nouveautés chez mon libraire. Déposer toutes les lettres de l'alphabet pour porter l'écriture à un niveau de star et limiter les écrits trop possessifs.

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Faut-il être enseignant pour avoir le temps d'écrire ?