Interview...

Guy Barbey


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel (j'assume !).

Où habites-tu ?
J'habite pour quelque temps encore une villa à La Roquette-sur-Var, un village de l'arrière pays niçois. Mais nous devrions déménager prochainement pour Cagnes-sur-mer, où je suis né et où habitent deux de nos petits-enfants.
L'âge venant, l'entretien de la villa devient trop lourd et nos petits-enfants, pour qui elle a été un lieu de vacances idéal quand ils étaient petits, se faisant tout naturellement plus rares...

Tu as donc une famille ?
Ma femme et moi sommes mariés depuis cinquante ans et nous avons eu deux filles. L'aînée a un fils aujourd'hui âgé de vingt ans et une fille de quinze ( et demi : à cet âge-là, ça compte encore !). La cadette a eu une fille qui va avoir dix-sept ans dans quelques jours et un fils qui en a onze et demi. Malheureusement un cancer nous l'a enlevée il y a dix mois, une semaine avant ses quarante-trois ans. Mais elle a laissé à son mari et ses enfants une réserve d'amour et de courage sur laquelle ils vivent aujourd'hui.

Que fais-tu dans la vie ?
J'ai été prof de français, à Vesoul, puis à La Réunion, tandis que ma femme était coiffeuse. Puis formateur de profs, à l'ENNA de Villeneuve-d'Ascq, puis à celle de Villeurbane, puis directeur de celle de Toulouse avant de finir ma carrière proviseur d'un lycée de Nice.

Depuis quand écris-tu ?
Adolescent, j'écrivais des poèmes. Je n'oserais pas affirmer que c'était de la poésie, bien qu'il me soit arrivé d'en lire de pires dont les auteurs se montraient très fiers.
Il y a quarante ans, j'ai publié à "La Pensée Universelle" un roman intitulé "Un bonheur" qui ne m'a guère valu qu'un succès d'estime à La Réunion où j'étais en mesure d'en assurer la diffusion (deux ou trois cents exemplaires).
Après quoi j'ai donné la priorité à ma vie professionnelle et familiale tout en pensant que j'écrirais à nouveau quand j'en aurais le temps.

Et ?
La retraite me l'a permis. Mais ma production n'a pas séduit les éditeurs. Echaudé par ma précédente expérience je ne voulais pas du compte d'auteur. "Chloé des Lys ne demandait pas d'argent" et semblait apprécier ma production, nous avons donc lancé un ballon d'essai : "...l'innocence" , un petit recueil de trois contes pour enfants.

C'était en 2007 ?
Oui mais ce livre s'est heurté à deux difficultés. La première est que CdL , semblable sur ce point à "La Pensé Universelle", n'a pas d'autre diffusion que celle que les auteurs peuvent assurer par eux-mêmes.
La seconde est que ces histoires pour enfants inspirée par le naturisme ont inquièté des tas de gens qui soit ne les ont pas lues soit n'y ont rien compris. Je suppose qu'ils ont trouve cela suspect, craignant peut-être de se faire complices de je ne sais quelles tendances pédophiles. Seule "La Vie au Soleil", revue naturiste, en a donc fait une présentation sympathique dans son numéro 116.
Jean-Luc Bouland, l'auteur de l'article que j'ai rencontré depuis, m'ayant encouragé à ouvrir un blog (guybarbey.blospot.com), j'y ai depuis publié presque tout ce que j'écrivais ou avais écrit.

Et pour l'avenir ?
Je garde encore en réserve un autre roman qui ne me semble pas y trouver naturellement sa place. Et puis le même Jean-Luc Bouland m'a mis en rapport avec un de ses amis naturistes qui avait écrit un scénario mais ne se sentait pas capable d'en faire un roman. Je l'ai fait. Il a aimé. Quelques autres personnes aussi.
Le roman devrait être prochainement proposé à quelques éditeurs en mesure de diffuser leur production et on verra bien ...

Pourquoi écris-tu et comment ?
Pourquoi j'écris ? Parce que le travail qui consiste à transformer une idée de départ en une histoire cohérente dans un langage d'aujourd'hui, à faire vivre des personnages en entrant dans leur peau, me passionne. Et parce que si quelques personnes prennent plaisir à me lire, c'est pour moi la cerise sur le gâteau.
J'écris au clavier de mon ordinateur car je fais tant de retouches que je ne saurais plus me passer du traitement de texte.

Des influences, des coups de coeur ?
Mes maîtres : en vrac Madame de La Fayette, Benjamin Constant, Stendhal (bien que je préfère les histoires courtes), le Balzac de l'Histoire des Treize, Maupassant, Radiguet, Cocteau,Camus, Dabadie...
Mes phares : Molière, Hugo, Brel...
Au cinéma Pialat, les frères Dardenne, Ken Loach, Sautet, Tavernier, Jacques Audiard. Ce qui n'exclut pas Visconti, Costa Gavras, Almodovar, FordCoppola, Des hobbies ?
l'écriture bien sûr et l'art d'ëtre grand-père, le bricolage, aussi. Et j'adore la bonne musique, quel que soit son âge.

Qu' est-ce qui te fout en rogne ?
Qu'on puisse humilier des gens. Donc un souhait : qu'on arrête.

Quelle est la question la plus stupide qu'on pourrait te poser ?
Peut-etre celle que je trouve souvent dans vos interviewes: sucré ou salé ? Je suis trop gourmand pour choisir !