Interview...

Baaziz Séverine


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel… ou plus précisément nom d’épouse.

Où habites-tu ?
Dans un petit coin de lorraine, dans le Nord-Est de la France. A deux pas du Luxembourg, de l’Allemagne et de la Belgique. « La ville à la campagne »qu’ilsdisent les prospectus publicitaires. C’est pas faux. Une jolie petite ville de ix mille habitants, un plan d’eau surplombé de ruines de murs de défense... Ce qu’il faut de commerces et de commodités ... Et puis, dans les hauteurs, un peu plus loin, une maison rose donnant sur un parc pour enfants. C’est chez moi. Entourée de forêts et de champs agricoles. L’hiver, le lotissement hiberne. Aux premières lueurs de printemps, ça grouille de voix d’enfants. J’adore !

Une famille, des enfants…
Mariée et maman d’un petit Sélyan de huit ans.

Sucré ou salé ?
Sucré !… Fille de pâtissier oblige.

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Simone Veil. Pour ses combats, son érudition, son courage et sa dignité.

Ton truc contre le stress ?
L’abnégation de soi… mais je ne le conseille pas forcément.

Que fais-tu dans la vie ?
Si je vous dis « pisseuse de ligne » au Luxembourg, ça ne vous dit probablement rien. C’est le petit surnom charmant qu’on donne parfois à la profession, autrement dit : développeur informatique. Toute la journée, je frappe mon clavier au service de la logique et des chiffres : comptabilité, finance, gestion de stock.

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
Je crois que j’ai toujours écrit mentalement. J’ai les pieds sur terre et la tête dans les nuages. (Il faut que je fasse attention au volant). Il m’est arrivé de jeter quelques phrases sur papier mais très vite j’abandonnais comme si l’on me murmurait à l’oreille : « A quoi bon ? »
Et puis, pour le roman que Chloé des Lys va publier (mon premier manuscrit), les choses ont pris une autre tournure. L’histoire a germé dans un coin de ma tête mais cette fois-ci elle n’a pas voulu en sortir. Quasiment deux semaines sans dormir, l’imaginaire en ébullition. Je tenais au travail, à la maison, à la force de l’enthousiasme. Donc, je me devais d’aller jusqu’au bout. Mon imaginaire avait fait le gros du boulot, la moindre des choses était de faire le reste.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Comme beaucoup, j’ai essayé les maisons d’édition dites classiques. Sans succès. Alors j’ai multiplié mes essais jusqu’en Belgique… et me voilà.

Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ?
Le titre : Le premier choix.
Le genre : du réalisme magique (je suis tombé par hasard sur ce bel intitulé). Autrement dit, une histoire où surgit le surnaturel dans un environnement défini comme réaliste.
La quatrième de couverture : Un homme se retrouve au milieu de nulle part. Sans nom. Sans souvenir. Là, on lui dit l’impensable vérité: il est mort. Ça c’est la mauvaise nouvelle. La bonne, on lui offre une chance sans pareille : renaître. Et ce n’est pas tout : renaître dans la famille de son choix.
A partir de là, tout s’enchaîne. Jour après jour, il apprend à découvrir les hommes et les femmes qui pourraient tant compter pour lui. Leur quotidien, leurs préoccupations, leurs pensées. De fil en aiguilles, les cartes en main se multiplient… avant de toutes tomber à terre et d’espérer une nouvelle pioche.
Bienvenue dans la tendre et palpitante histoire d’un bonheur qui se cherche.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Euh… Il faut que j’y songe sérieusement… dans un premier temps, le bouche à oreille… pourquoi pas la presse régionale… les salons… contacter les librairies… et suivre tous les conseils de Chloé des Lys.

Projets pour la suite ?
Que ce premier roman séduise les lecteurs…Que le prochain séduise le comité de lecture. Et puisqu’il n’y a pas de mal à être rêveuse, qu’un jour on me propose une adaptation cinématographique…

Pourquoi écris-tu et comment ?
Pour faire vivre mon imaginaire. Librement. Intimement. On travaille, on remplit ses journées d’obligations diverses et à force, on s’oublie. Quand j’écris, je pense (donc je… non je résiste).
Et pour le « comment » : je noircisle papier de notes et quand j’en ai suffisamment, que l’articulation de l’histoire est prête, fournie, que les personnages prennent vie, je me lance (sur ordi).

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Autant vous le dire, je connais bien mal mes classiques. Mais par contre, je dévore les sorties littéraires. Je me laisse régulièrement tenter par un inconnu (sur conseil ou à la vue d’une bonne promo). Et puis, j’ai mes inconditionnels : Eric-Emmanuel Schmitt, Didier Van Cauwelaert, Amélie Nothomb, David Foenkinos, Pascal Bruckner…
Mes coups de cœur en littérature :
- La vie devant soi de Romain Gary. Découvert sur le tard, je crois que c’est le livre le plus bouleversant que j' aie jamais lu. Dramatique sans misérabilisme. Chaque page est un cri de tendresse même les descriptions de disgrâce physique, de tristesse ou d’errance… Je crois que ça s’appelle le talent
! - Chien de Samuel Benchetrit. Dernier livre lu. Une histoire de métamorphose en chien. Oui mais surtout de perte d’humanité, de dignité. Cruellement et pathétiquement drôle. Un régal ! - Demain, j’arrête de Gilles Legardinier. Une comédie romantique. C’est fluide, drôle, tendre et divertissant. Pour moi, c’est aussi ça la littérature.
En cinéma :
- La vie est belle de Roberto Benigni. Pour la puissance dramatique et la poésie tout en délicatesse.
- Le magasin des suicides de Patrice Leconte. Film d’animation adapté du roman de Jean Teulé. Pour ceux qui ne connaissent pas, la quatrième de couverture, c’était : « Vous avez raté votre vie? Avec nous, vous réussirez votre mort!... » Superbe fable d’humour noir !
- Neuf mois ferme d’Albert Dupontel. Déjanté. De la méchanceté, du crime, un enfantement… mais juste par inadvertance. J’adore ! (Du pur Dupontel, quoi)
- Et tout ce que fait Jean-Pierre Jeunet !
- Et…
En musique :
- En général la pop française et anglaise. Calogero en particulier.
- Et aussi les musiques du monde, plus particulièrement d’Afrique du Nord (Idir, Takfarinas, Souad Massi…)

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
Evidemment les livres (ceux que je lis, ceux que j’écris et tous ceux que j’aimerai écrire).
Le cinéma (sans modération)
Les flâneries (expositions d’art, jardins botaniques, quartiers historiques, bouquinistes)
Et encore les livres…

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
Le mépris… et les gens qui prônent que la différence, ça ne peut que diviser les hommes.

Ta citation favorite ?
« Les seules choses que l’on rate sont celles que l’on ne tente pas », Paul Emile Victor.

Une qualité et un défaut ?
Qualité… je dirai… la politesse. Parce que c’est un truc qui a structuré la personne que je suis (enfin, je crois). J’étais une enfant obéissante, je suis devenue une adulte qui essaie de ne pas trop ennuyer le monde qui l’entoure.
Défaut… plutôt froussarde.

Un souhait ?
Ne pas perdre l’envie d’écrire en cédantà la petite voix(« A quoi bon ? »). Et continuer à rêver.

Est-ce indiscret de te demander si tu crois en Dieu ?
Non, pas du tout ! Enfin, non pas du tout ce n’est pas indiscret. C’est une question que me pose régulièrement mon fils de huit ans. Je lui répondscomme l’admirable astrophysicien Hubert Reeves : je suis agnostique. J’aime bien ce mot. Il en parle mieux que moi mais en une phrase : chaque position est respectable, tout est possible mais si une « force créatrice » existe, cela ne peut que dépasser l’entendement !

As-tu peur de vieillir ?
Mmm… Oui et non.
Non parce que « vieillir », c’est aussi continuer à vivre, et ça c’est déjà bien. C’est aussi la possibilité d’écrire de très bons livres (je mise sur la sagesse de l’âge à venir).
Et oui, parce que la mécanique du corps qui s’enraie est une chose qui me fait peur…

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Je vous dirai qu’il n’y a que des réponses stupides.