Interview...

Thérèse André-Abdelaziz


Pseudo ou nom réel ?
Nom réel. Naissance et marital accolés car plusieurs homonymes dans la région avec le 1er., le second étant assez répandu. Ensemble, pas de confusion.

Où habites-tu ?
À Nantes. Après avoir beaucoup bourlingué de l’Ouest au Sud-Est, en passant par le Centre, retour dans ma région natale en 1993. Nantes est une ville à échelle humaine qui me convient : situation, histoire, culture et nombreux parcs, véritables poumons verts.

Une famille, des enfants…
Aînée de dix, maman de quatre, mamie de sept et au-delà…

Sucré ou salé ?
Plutôt salé, mais folle de chocolat ! L’alliance salé-sucré me plaît quelquefois, ex : canard à l’orange.

Petite, que voulais-tu faire ?
Mille choses ! En vrac, reporter, archéologue, diva, flibustière, pilote de ligne, acrobate, que sais-je encore !

A quelle figure historique aimerais-tu ressembler ?
Est-ce sérieux de répondre : Fifi brin d’acier ? Cette héroïne est si loin des personnages féminins conventionnels de son époque que le premier livre dans lequel elle apparaît, en 1945, a été jugé subversif. Ça plaît bien à la pluri-indisciplinaire que je suis !

Ton truc contre le stress ?
Humour, auto-dérision et marche le long de l’Erdre, belle rivière à 200 mètres à peine de chez moi. Idem pour l’île de Versailles attenante, transformée en jardin japonais. J’aime y flâner entre rocailles et cascades. Ces lieux boisés et apaisants sont sources d’inspiration.

Que fais-tu dans la vie ?
Pour faire court : diplômée de l’école de la vie et retraitée - mais je n’aime pas ce mot ! - du secrétariat alimentaire. Dix ans de pigiste en free-lance pour trois hebdos : parisien, genevois et haut-savoyard, ont souvent nourri mes écrits. Alors j’écris, j’écris…

Quand as-tu commencé à écrire et pourquoi ?
J’ai attrapé le virus de la lecture et de l’écriture dans la classe unique, de la maternelle au CP, d’une petite école rurale. Découvrir les mots, leur pouvoir, jouer avec, en inventer d’autres, camper des personnages, les faire vivre, quelle aventure ! Du poème à la dramaturgie, en passant par la nouvelle et le roman, j’explore toutes les formes d’écriture. À 13 ans, en réponse à un appel de l’émission « Interdit aux plus de 16 ans », j’ai écrit ma première pièce radiophonique, durée 5 minutes. Diffusée sur la Chaîne parisienne. Deux autres suivront à la demande du producteur. Premiers cachets. Cette même année, La rose et le réséda d’Aragon, lu par un sociétaire de la Comédie Française, au cinéma, déclenche mon besoin impérieux d’ÉCRIRE. Comment poésie, prose et théâtre me sont-ils venus simultanément, si tôt ? Je ne saurais le dire mais ils sont liés. Issue de gens sans terre, rien ne m’y prédisposait.

As-tu déjà publié quelque part ?
Publications : Éditions 15 K : Mémoire de papier 2018. Ex Æquo :
Ferme la porte en sortant récit 2015 ;
Moi, Julienne David, corsaire nantaise jamais soumise roman historique (7 ans de recherches) 2012 ;
L’Estuaire nouvelles 2011.
La Part Commune : Je m’appelle Atlantique roman 2006
Je, femme d’immigré (racisme au quotidien) réédition 2004.
Loire pour tous : Reflets de Loire légendes poétiques de photos 2002.
Le Cerf : Je, femme d’immigré 1987 épuisé en 2001 ;
Quelque part une île fait de société 1981...
Nouveaux Cahiers de Jeunesse, Bordeaux : Verseau mon ombre, poèmes de mes 20 ans. Nouvelles : dans les 7 recueils des Romanciers nantais 2013-2018. Poèmes et nouvelles en individuel et collectifs, revues et anthologies en France, pays francophones. Nouvelles dans des fanzines français et allemands 68/70. Écriture théâtrale : Sketchs, micro-pièces avec le collectif des EAT (Écrivains associés de théâtre). La folle équipée d’Hortense (théâtre chanté) 2017. En individuel : Aigre-douce-amère, tragi-comédie poétique, création en novembre 2018. Rendez-vous à la maison bleue spectacle jeune public, ballade poétique et virtuelle dans l’univers de Chagall 2005/2007. Micro-pièces, AFT le Kremlin-Bicêtre 2003. Écriture radiophonique : 7, diffusées sur FR3 Grenoble, Radio Armorique et RDTF etc... etc...

As-tu déjà remporté des prix ou obtenu une reconnaissance quelconque ?
Plusieurs. De mon adolescence à aujourd’hui, France et pays francophones. Á 16 ans, 1er prix des contes décerné par le Gorsedd de Bretagne. Jeux Floraux de Bretagne, concours Prométhée etc. Nouvelles sélectionnées par le Magazine Littéraire et diverses publications. Une bourse d’encouragement à l’écriture dramatique de la DMDTS 2002, me permet d’obtenir une résidence d’écriture d’un mois au CNES de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon avril-mai 2003. Cellule monacale. Blancheur. Silence. Une belle aventure.

Pourquoi Chloe des Lys ?
Deux romancières de l’association Les Romanciers nantais à laquelle j’appartiens m’en ont parlé : Sophie Vuillemin et Josy Praud. Lasse des refus répétés, je désire faire éditer mes poèmes dans une maison sérieuse et pas à compte d’auteur, ce que j’ai toujours refusé ! Des revues belges ayant publié bon nombre de mes poèmes et nouvelles, par le passé, je tente ma chance.

Quel ouvrage vas-tu publier ?
CHEMIN D’HEURES, poésie. Soit l’essentiel d’une vie en trente-et-un poèmes, choisis dans mon mille-feuilles d’inédits, des années 68/70 à aujourd’hui. Pas d’ordre chonologique, mais trois thèmes : Heures rebelles, Heures nomades et Heures tendres. Les avis du Comité de lecture CDL m’ont touchée.

Comment fais-tu pour essayer de te faire connaître ?
Je prospecte et saisis toutes les opportunités : associations littéraires, salons du livre, réseaux sociaux etc. Je fais des lectures publiques d’extraits de mes textes.

Projets pour la suite ?
Mille et un ! Sérieusement, j’en ai beaucoup depuis 2012, après une longue traversées du désert pendant laquelle je n’ai jamais cessé d’écrire (une dizaine de manuscrits inédits, tous genres confondus.) Alors, je fonce !

Pourquoi écris-tu et comment ?
Je suis dans l’urgence d’écrire, c’est mon viatique, l’endroit où je me sens bien. Écriture et vie sont étroitement mêlées depuis toujours. Quand j’écris, je me sens riche ; ne pas écrire c’est être pauvre et amputée. Mon écriture est axée sur la mémoire. Des lieux. Des gens qui y vivent. Surtout de ceux dont on ne parle pas et qui ne parlent pas. Axée sur la discrimination et l’exclusion. La poésie, c’est l’instantané photographique. Elle jaillit, s’élance et je la dis à voix haute, à la recherche de la musicalité et de l’harmonie des mots. Je fais de même avec tous mes textes. Je pars d’un rien, du réel dont s’empare l’imaginaire et je ne sais jamais ce qui va naître : fiction narrative ou théâtrale. Très visuelle, je travaille mes fictions par séquences, comme dans un film, décrivant ce que je « vois ». J’aime emmener le lecteur ou le spectateur là où il n’a pas l’habitude d’aller, et surtout faire en sorte qu’il accepte cette situation. Méthodologie ? Prises de notes manuscrites et, hormis la poésie, j’écris directement à l’ordi.

Tes influences, tes maîtres, tes coups de cœur en littérature, cinéma, peinture, musique…
Il y en a tant ! Autodidacte, je les ai découverts dans le désordre : Villon, Aragon, Eluard, R.G. Cadou, Camus, Hemingway, Zola, Vian, Dostoïevski, Maïakovski, Senghor, Faulkner…/ Renaissance italienne, Van Gogh, Modigliani, Chagall, Dali, impressionnistes et pointillistes (ceux-ci ont un peu influencé mon écriture : par petites touches)/ La calligraphie arabe et chinoise/ Django Reinhardt, Sydney Bechet./Gaudi, le facteur Cheval/Au cinéma, le néo-réalisme italien, le noir et blanc. Liste non exhaustive.

Un ami ou une amie dont tu aimerais qu’on parle ?
Agnès, ma meilleure amie, emportée brutalement en 2003.

Tes hobbys ? Musique, dessin, peinture…
La photographie. Collages papier ou numériques, souvent à partir de photos… dites ratées, de pages de magazines, de broutilles.

As-tu un blog ou un site ?
Un petit blog, disons de culture générale où j’aborde tous les sujets, aussi bien artistiques que de sociétés/réflexions, avec une illustration personnelle. Écriture plurielle et passerelle http://blog.amicalien.com/Thea et https://www.facebook.com/therese.andreabdelaziz

Qu’est-ce qui te fout en rogne ?
La manipulation d’opinion par la diffusion de fake news. Hypocisie, discrimination, exclusion, opportunisme.

Ta citation favorite ?
« Créer, c'est réaliser" Albert Camus.

Une qualité et un défaut
?
Qualité : pas rancunière. Défaut : hum… trop conciliante.

Un souhait ?
Préserver amour de la vie et curiosité. Écrire… Écrire...

Est-ce indiscret de te demander si tu crois en dieu ?
Un dieu féminin, alors ! Que j’appellerais dieu-e...

As-tu peur de vieillir ?
Qui ne l’a pas ?

Quelle est la question la plus stupide qu’on pourrait te poser ?
Euh, celle-ci, pardi !