PRÉSENTATION D'ÉCLATS DE VERRE


Ce livre commence par une lettre. Une lettre adressée à des amis et qui brise le silence de la dépendance alcoolique. Cette lettre a été portée sur scène par le dramaturge Claude Confortès. L'auteur y parle de son flirt avec la mort, de déchéances en humiliations, de services d'urgence en laissé pour compte sur le trottoir, flasque au milieu de sa flaque.

Un livre qui revient, par flashbacks, sur les douleurs d'une enfance mouvementée, comme les points de couleur d'un tableau convoquent l'ambiance, dans une palette aux sangs mêlés. Des mots posés comme une écharpe de tendresse sur le cri, pour qu'il ne prenne pas froid.

Une écriture directe, simple, imagée comme la poésie des rues, striée de balafres. Des cicatrices qui restent ouvertes sur le vide, des pleins qui débordent de sensibilité. L'ensemble est servi par une écriture aux contours poétiques, des mots qui errent comme des notes de musique suspendues aux étoiles de tant de nuits d'errance. L'errance des alcoolo-dépendants. Errance de soi, errances parmi les autres. Errance dans sa solitude. Errance dans l'angoisse du manque.

Et puis le port où reprendre son souffle, ces groupes de parole des anciens buveurs où se réchauffer au contact simple de l'amitié et de la solidarité. Un port d'où l'horizon est parcouru des vagues de l'espoir. De l'espoir de s'en sortir et de se réapproprier sa vie.

En fin d'ouvrage, l'auteur répond aux questions que se posent tant le malade alcoolique que l'entourage pour sortir vainqueur de ce combat contre la mort. Des réponses sans fard, des réponses qui tracent les chemins du possible et de la guérison, sans oublier les adresses et les lieux où pouvoir être entendu et aidé.