Le trou

C’est l’histoire d’un mec qui fait un écart sur le trottoir, parce qu’il voit un trou devant lui. Jusque-là, rien de bien passionnant. Il ferait un écart conjugal ou un trou dans le budget de son employeur… là, oui. On peut discuter. Mais un simple écart, hop, hop, deux pas sur le côté !

Bon. Soit. Il fait son écart, passe outre puis revient sur ses pas, car quelque chose l’a intrigué. J’aurais pu faire plus court en l’intriguant immédiatement sans qu’il ne dépasse le trou puis doive revenir au subjonctif présent. Mais les faits s’étant déroulés comme je les décris…

Où en étais-je ? Ah oui. Le trou.

Il revient (pas le trou bien sûr, le mec) se penche et constate avec un étonnement étonné que ce trou n’a pas de profondeur ! En fait, c’est un bête rond tout noir posé sur le sol.

Mais alors, c’est pas un trou me direz-vous…

Ben si, quand même. C’est pas une feuille de papier peinte qu’on peut déplacer comme dans les dessins animés. Non, non. C’est véritablement un cercle vide, obscur et rempli de rien. Sauf qu’il n’a pas de profondeur. C’est tout. Un trou en deux dimensions.

Normalement, le gars est pressé, en retard et tout ça… mais ici, il s’arrête et se met à réfléchir, un peu comme Mister Bean devant un pot de fleur ou un cadre décadré d’un demi-degré…

Il se racle la gorge, crache dans le trou et s’aperçoit que son glaire disparaît, comme s’il avait spité dans une bouche d’égout.

De plus en plus intriguationné, il s’agenouille devant… devant… le machin et enfonce un doigt. Pas de résistance… il le ressort et remarque alors avec remarquation qu’il est devenu en deux D, tout plat comme une feuille de papier à cigarette !

Il se penche une nouvelle fois, encore plus consternationné et … ben oui, vous vous en doutiez, sinon ce ne serait même pas drôle… le con tombe dans l’orifice comme un plongeur dans une piscine, sauf qu’il est tout habillé, pas athlétique du tout et qu’on voit ses fixe-chaussettes. Je vous demande un peu… des fixe-chaussettes !

Mais pas de problème. Même qu’il se fait pas mal du tout, puisqu’il n’y a pas de fond… D’ailleurs il ressort déjà en se déroulant sur le trottoir, vu qu’il est devenu comme une photocopie de lui-même. Avec un crâne tout plat, des oreilles toutes larges, des yeux fixes… bref un papier journal, que le vent entraîne déjà par-dessus les poubelles, au risque de se déchirer sur les piquets d’une palissade…

Alors, le mec, se replie en deux, en quatre, en huit, en seize et se glisse dans sa poche de poitrine où il se disparaît.

Je raconte bien hein !

http://www.bandbsa.be/blb/blbblog.htm