La joue gauche ça va, c’est surtout la droite…

J’étais assis sur le banc tranquillos à contempler le lac où des canards jouaient à la fête foraine et attendais patiemment que ma joggeuse repasse. Une vraie blonde rougie par l’effort avec un bandeau blanc dans les cheveux et une paire de melons qui semblaient se disputer pour s’échapper de son corsage. Il y en avait assez pour former deux équipes de basket. Un coup d’œil à ma montre : trois minutes zéro cinq à son premier tour, trois vingt au second… elle va pas tarder.

En effet, la voilà, shhhrt, shrrrt, shhhrt… c’est le moment.

Vous allez encore me traiter de tous les noms mais à l’instant où elle passe devant moi, je m’écroule d’un seul coup sur le banc en suffoquant comme un phoque qui suffoque (je sais, ça ne veux rien dire, mais je trouvais l’expression amusante), les yeux révulsés, la langue pendante…

Elle s’arrête effrayée et vole à mon secours. Toutes les femmes sans exception sont un peu infirmières dans l’âme.
- Ca ne va pas qu’elle me fait, vous voulez que j’appelle le SAMU ?
Je lui signifie du doigt que je n’arrive plus à respirer et là, enfin, bingo, elle se penche (je vois tout… les melons… que dis-je, les citrouilles, y compris les deux petites gougouttes) tandis qu’elle me fait un bouche à bouche que même Sylvia Kristel aurait été incapable de réussir dans « Emmanuelle »

Bon je reprends vie, histoire de retrouver mon souffle, pour retomber aussi vite dans les pommes … ben oui, tant qu’on y est…

Lorsque (aïe aë aïe ! ) apparaît une autre joggeuse, mignonne, métisse, moins fournie de la poitrine mais avec des yeux de braise et des jambes de style Louis XV. - Quoi s’écrie t-elle les yeux mauvaisles poings sur les hanches, encore ?
Madonna se relève stupéfaite en interrogeant l’autre du regard.
- Ben oui, ajoute Rihanna furieuse, il m’a fait le même coup hier !

La joue gauche ça va, c’est supportable. Mais la droite… ça tire un peu.