Ca compte pas, c’est que d’la powésie

J’ai une copine, pt’êt même une amie, je tairai son nom pour ne pas lui nuire.
Sachez seulement qu’elle porte toujours une casquette et habite dans le Hainaut une ville réputée pour arborer en son nombril le plus grand suppositoire du monde. Elle se reconnaîtra.
Hé bien, c’est pas n’importe qu'elle. C’est une powétesse… tresse… trice… enfin elle écrit des powèmes et doit être fortiche car j’y comprend jamais rien. Je sais que c’est beau et qu’elle emploie des mots super qu’on ne trouve même pas dans le dictionnaire. Mais comme elle les met pas dans l’ordre, j’ai du mal.
Exemple : là où Zénobe, mon voisin de table du home dit en bavant un peu « j’ai bien mangé », elle écrira « ces mets eurent une fragrance sans nulle autre pareille ! » (J’ai recopié). On pige rien mais ça en jette, surtout lorsqu’elle récite dressée sur sa chaise en faisant des tremolos (tremoli ?) avec une voix de… de… s’entend dehors. J’vous l’dis, c’t’une powéteuse…tante… tune ?
Ceci dit, j’su un peu gêné quand je sors avec elle car elle s’habille powétine… tasse… enfin pas comme nous, je veux dire, normal, avec des pantouffs et des bretelles. Elle est « grunge ». Attention ! C’est pas une tare honteuse comme être Vegan, écolo ou bombasse dans une émission de téléréalité, non c’est une mode. Vous ouvrez tout grande l’armoire de grand-mère, vous choisissez les yeux fermés dans la naphtaline, enfilez tout ce que vos pouvez dans le noir puis sortez en rue fier comme d’Artagnan.
- T’es sûre que tes collants verts, ça va avec la chemise à pans de Pépé que j’lui demande ? Plus des bas de couleurs différentes dans des bottes en plastique rose fluo comme si tu allais à la pêche aux moules ?
- « Je me gausse de ce que peut en déduire le vulgus pécus » qu’elle me répond (j’ai recopié). Ca doit se traduire grosso modo par « qu’ils aillent ch…er ». J’vous l’ai dit : C’est une powételle… trousse… tite ?

MAIS

C’est ma copine et le premier qui la critique, j’lui envoie ma canne dans la gueule !

Tiens, pour la route, un p’tit powème que j’ai composté en suçant mon crayon.
Quand t’es pas là, ça fait tout vide
Mais quand t’es là, ben c’est tout plein,
Même qu’ça déborde un peu liquide
Tu d’vrais toujours venir demain…
C’est beau hein !